Tifinagh Quotes

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Herodotus
“These Phoenicians who came with Cadmus and of whom the Gephyraeans were a part brought with them to Hellas, among many other kinds of learning, the alphabet, which had been unknown before this, I think, to the Greeks. As time went on the sound and the form of the letters were changed. At this time the Greeks who were settled around them were for the most part Ionians, and after being taught the letters by the Phoenicians, they used them with a few changes of form. In so doing, they gave to these characters the name of Phoenician, as was quite fair seeing that the Phoenicians had brought them into Greece.
(5-58-59)”
Herodotus, The Histories

Mohammed Chafik
“De fait il [le prénom "Yugrthen"] a dû être couramment en usage au moins jusqu'au VIIIe siècle de l'Hégire (XIVe siècle de l'ère chrétienne), comme l'atteste un document notarial marocain * daté de l'année musulmane 731, où un "Yugrthen" est cité par les ayants droit à un héritage, en fin de liste, place que lui assigne sa qualité de benjamin.

* Cet acte notarial a fait partie des manuscrits exposés en 1979 par le ministère marocain de la Culture. La Bibliothèque générale de Rabat en détient un microfilm.”
Mohammed Chafik, من أجل مغارب مغاربية بالأولوية - Pour un maghreb d'abord maghrébin

Plutarch
“In this city [Tingis] the Libyans say that Antaeus is buried; and Sertorius had his tomb dug open, the great size of which made him disbelieve the Barbarians. But when he came upon the body and found it to be sixty cubits long, as they tell us, he was dumbfounded, and after performing a sacrifice filled up the tomb again, and joined in magnifying its traditions and honours. Now, the people of Tingis have a myth that after the death of Antaeus, his wife, Tinga, consorted with Heracles, and that Sophax was the fruit of this union, who became king of the country and named a city which he founded after his mother; also that Sophax had a son, Diodorus, to whom many of the Libyan peoples became subject, since he had a Greek army composed of the Olbians and Mycenaeans who were settled in those parts by Heracles. But this tale must be ascribed to a desire to gratify Juba, of all kings the most devoted to historical enquiry; for his ancestors are said to have been descendants of Sophax and Diodorus. [The Life of Sertorius]”
Plutarch, Parallel Lives

“In the middle Ages, Berber was written in the Maghribi style of the Arabic script, in what is to all appearances a standardized orthography. The earliest known examples of the medieval Berber spelling date from the middle of the 10th century A.D., while the youngest examples date from the 14th century.

Although there is some variation in the representation of a number of consonants, the orthography is remarkably consistent. In this respect it is quite unlike the early orthographies of the European vernaculars, where the same word is often written in different ways even within one line of text. This consistency implies that the Berber orthography was consciously designed, and that it was formally taught to berberophones.

"MEDIEVAL BERBER ORTHOGRAPHY" - MELANGES OFFERTS A KARL-G. PRASSE (pp. 357-377).”
Nico Van Den Boogert

Gabriel Camps
“C'est en punique que sont rédigés les dédicaces religieuses, les rares textes administratifs conservés, les épitaphes royales et les légendes monétaires, et non pas seulement chez les Numides de l'Est mais d'un bout à l'autre de l'Afrique du Nord. Ce fait mérite d'autant plus d'être rappelé que les Africains possédaient un système d'écriture national suffisamment répandu pour qu'il ait survécu jusqu'à nos jours chez les Touareg qui, ironie du vocabulaire, nomment cette écriture tifinagh, ce qui semble bien signifier « la punique ». Seule la cité de Dougga tenta un moment, sous Massinissa et Micipsa, d'utiliser le libyque dans ses inscriptions officielles, fait unique dans l'état de nos connaissances.”
Gabriel Camps, Les Berbères: Mémoire et Identité

Herodotus
“Pendant le séjour que tirent en ce pays les Phéniciens qui avaient accompagné Cadmus, et du nombre desquels étaient les Géphyréens, ils introduisirent en Grèce plusieurs connaissances, et entre autres des lettres qui étaient, à mon avis, inconnues auparavant dans ce pays. Ils les employèrent d'abord de la même manière que tous les Phéniciens. Mais, dans la suite des temps, ces lettres changèrent avec la langue, et prirent une autre forme. Les pays circonvoisins étant alors occupés par les Ioniens, ceux-ci adoptèrent ces lettres, dont les Phéniciens les avaient instruits, mais ils y firent quelques légers changements. Ils convenaient de bonne foi, et comme le voulait la justice, qu'on leur avait donné le nom de lettres phéniciennes parce que les Phéniciens les avaient introduites en Grèce."
(5-58-59)”
Herodotus, The Histories

Malika Hachid
“Pour avoir, un jour, accompagné sur le terrain, Abdelkhalek Lemjidi, El Mustapha Nami et Ahmed Skounti, poussant avec courage, sous un soleil de plomb, une veillle voiture qui ne manifestait guère d'intérêt pour le libyque, nous n'ignorons pas les difficultés auxquelles cette modeste équipe s'est trouvée confrontée pour nous livrer les résultats de ses recherches. Nos collègues européens seraient étonnés du nombre de miracles qu'il faut accomplir pour mener à bien une journée de recherches.”
Malika Hachid, Tirra - Aux origines de l'écriture au Maroc

“Malgré leur nombre et un siècle de recherches, l'écriture libyque garde encore aujourd'hui une grande partie de ses secrets. En effet, ces inscriptions demeurent pour l'essentiel indéchiffrés, même si quelques-unes bilingues ont apporté quelques lueurs. "Aussi, c'est sans surprise que l'on constate qu'il a pu régner chez certains auteurs, un doute tenace quant à la parenté du libyque et du berbère. ... C'est pourquoi L. Galand en arrivait à se demander si ces inscriptions libyques (ou, du moins, un certain nombre d'entre elles) n'étaient pas rédigées dans une langue qui n'aurait pas de rapports directs avec le berbère". Il faut espérer qu'un jour, les spécialistes en libyque pourront apporter une solution à ce problème.”
Ait Ali Yahia Samia, Les stèles à inscriptions libyques de la Grande Kabylie

Stéphane Gsell
“La langue libyque a eu, cependant, une écriture particulière, dont nous possédons de nombreux témoignages. Ce n’est pas chez les Grecs et les Latins qu’il faut les chercher. Fulgence, un Romain d’Afrique contemporain de la domination vandale, est le seul auteur qui mentionne l’alphabet libyque, composé, dit-il, de vingt-trois lettres (3).

3 - De aetatibus mundi, préface, p. 131, édit. Helm : « Viginti et duobus elementis penes Hebreos ordo loquendi disponitur, uno itidem superiecto nostrae linguae profusio, sed et Romanae colligitur, etc. — nostrae linguae... ordinem..., quo non bis duodeno velbis undeno, sed Grecis uno elemento subducto et Hebreis uno superinposito unicus ordo Libido monstretur in numero. Conf. ibid., p. 132 : « Romuleis Libicisque litteris ». Dans quelques textes, le mot Libycus est synonyme de Punicus (voir t. I, p. 312). Mais, comme l’alphabet hébreu (mentionné par Fulgence), l’alphabet phénicien avait 22 lettres, et non pas 23. Il s’agit donc bien ici d’un alphabet proprement libyque.
tome 6 - VIE INTELLECTUELLE ET MORALE”
Stéphane Gsell, Histoire ancienne de l’Afrique du Nord

عبد الله العروي
“Les historiens non-maghrébins semblent poser des questions légitimes : Que sont les berbères ? Se demandent les préhistoriens. Comment sont-ils passés de la barbarie à la civilisation ? Se demandent protohistoriens et classicisants. Pourquoi adoptèrent-ils l’islam ?, se demandent les médiévistes. Derrière ces questions s’en cachent cependant d’autres, bien moins innocentes : Ont-ils manqué l’âge des métaux ? Reçurent-ils l’agriculture des phéniciens ? Méconnurent-ils l’organisation politique de Rome ? Ce sont en fait des affirmations à peine voilées et au fond desquelles se cache toujours la vielle exclamation horrifiée : Quel scandale que l’Islamisation !”
عبد الله العروي, مجمل تاريخ المغرب

“Bien du chemin, on le voit, a été parcouru depuis que l’esclave de Tunis trouva à Dougga des pierres « engravées es lettres » qu’il pensait être « puniques, ou carthaginoises, ou bien syriaques ». La famille linguistique à laquelle appartiennent ces vieilles écritures ne fait plus guère de doute aujourd’hui, mais nous sommes encore loin de les avoir déchiffrées. Aussi chimérique qu’elle soit, la perspective d’y parvenir un jour ne doit cesser de nous guider. Elle suppose que nous disposions d’un corpus systématique qui nous permettrait d’établir des séries statistiques comparables à celles qui ont mis Ventris sur la voie du déchiffrement du linéaire B. Il y a déjà longtemps que Lionel Galand a appelé de ses vœux la réalisation d’un tel corpus. La petite équipe qui l’entoure s’y emploie, et le livre de Mohamed Aghali et Jeannine Drouin s’inscrivait précisément dans cet effort collectif. Il faut aussi rassembler des données sur les périodes plus anciennes, et notamment sur ce que Werner Pichler appelle la phase transitionnelle, dont nous n’avons encore qu’une vision très floue. On voit cependant des travaux paraître sur le sujet, l’article de Werner Pichler et Jean-Loïc Le Quellec que j’ai mentionné incidemment étant l’un d’eux. Autre domaine qui demande également qu’on s’y applique : les datations. Werner Pichler nous a fait là-dessus des propositions originales, qui demandent encore à être éprouvées. Il n’est pas le seul, au demeurant, car les travaux d’Abdelaziz El Khayari et d’El Hassan Ezziani sont aussi d’un apport précieux. En tout cas, tous les chercheurs que je cite dans cette conclusion – et il y en aurait encore quelques autres – sont totalement immuns au militantisme dont les effets sur les recherches berbérisantes sont si délétères. C’est là une raison d’espérer dans l’avenir.
[Déchiffrages. Quelques réflexions sur l’écriture libyco-berbère]”
Dominique Casajus

Stéphane Gsell
“Les indigènes n’avaient pas d’art monumental; ils empruntèrent celui des Carthaginois, auxquels ils devaient tant d’autres choses. Art hybride(5), mélange à closes variables de motifs orientaux et de motifs helléniques ; art routinier, d’aspect archaïque. Ce furent probablement des architectes puniques que l’on appela d’abord pour bâtir les édifices dont on avait besoin ; ils purent avoir des élèves d’origine numide, qui, du reste, n’auraient rien innové. Le temple de Masinissa, élevé à Dougga peu d’années après la ruine de Carthage, eut pour constructeurs Hanno, fils d’Iatonbaal, fils d’Hannibal, — trois noms phéniciens, — et Niptasan, — nom libyque, — fils de Shafot, — nom phénicien (mais la lecture n’est pas certaine)(6). L’inscription du mausolée de Dougga, qui est à peu près contemporain du temple, indique, comme « constructeurs des pierres », un Ab[d]arish, fils d’Abdashtart, — deux noms phéniciens, — puis un Libyen, le propre fils du personnage pour lequel le mausolée fut fait, enfin un Mangi, fils de Varsacan, — deux noms libyques(7).

6. Chabot, Punica, p. 210 et 220. Remarquer que, dans cette inscription bilingue, la
mention des constructeurs est faite seulement en langue punique
Tome III - p86”
Stéphane Gsell, Histoire ancienne de l’Afrique du Nord

“La représentation du griffon dévorant le cerf a sans doute le même sens symbolique que celle du lion terrassant un taureau ou un cerf, qu'on rencontre souvent sur les monnaies inscrites en phénicien qui ont été frappés à Tarse sous la domination perse aisin que par les rois de Phénicie
vol III - p97 (Bogud II)”
Ludvig Müller, The Coinage of Ancient Africa / Numismatique de l'ancienne Afrique

“Les Imouchar' donnent aux lettres de cet alphabet le nom de ⵗⵏⴼⵜ tifinar', dont le singulier est tafiner't, qui s'écrit et se prononce ⵈⵏⴼⵜ, tafinek'.
Ils appellent un caractère d'écriture, en général, ⵍⴾⵙ 'asekkil', pluriel ⵏⵍⴾⵙ 'isekkilen'. On remarquera l'analogie du mot ⵍⴾⵙ 'asekkil' avec l'arabe شكل, forme, qui s'applique aux signes graphiques des voyelles, et mieux encore avec le hébreu שׁכל sakal, forme, figure, dont vraisemblablement les Grecs ont fait σιγλαι, que nous avons traduit par sigle.
[1860]”
Adolphe Hanoteau, Essai de grammaire de la langue tamachek'

“L'étonnant, dans ces conditions, ce n'est pas que cet alphabet ait disparu, c'est qu'il se soit, chez les Touaregs, maintenu jusqu'à nos jours, qu'il ait pu poursuivre pendant si longtemps son existence précaire, objet de luxe sans vraie utilité sociale, étrange survivance d'un apport infiniment lointain. Partout ailleurs l'alphabet libyque est tombé est tombé en désuétude, non parce qu'il n'a pu soutenir le choc de l'alphabet latin, mais parce qu'il était celui d'un peuple qui n'en avait pas besoin, n'étant pas socialement apte à posséder une écriture courante. Quand, dans quelques rares régions, ce moment arriva, chez les hérétiques du Djebel Nefousa par exemple, ou dans le Sous, il y avait bien des siècles que les caractères nationaux étaient oubliés : pour écrire les quelques ouvrages qu'ils composèrent dans leur langue, les Berbère empruntèrent l'alphabet arabe.”
Henri Basset, Essai sur la littérature des Berbères

“The most striking fact concerning the pharmacological manuals is that the majority of them were written in al-Andalus (az-ZahrawI, Ibn Beklaresh, Ibn ‘Abdun), or by writers of Andalusian birth working in the Middle East (Maimonides, Ibn al-Baitar). It is likely that a substantial body of speakers of a variety of Berber akin to Tashelhit lived in al-Andalus, and that al-Andalus is the place where this language was first committed to writing. [29] That there were indeed Berbers in Spain who spoke a Tashelhit-like language is shown by the fact that at the end of the 15th century, as a consequence of the reconquista, a group or groups of berberophones are known to have migrated from Spain to the Sous in southern Morocco, where they became known as the ‘people of the ship’ (ayt uyrrabu). One of them is Sa‘id al-Kurrami (Seid Ak'w'rramu, d. 882/1477-8), who is reputed to be the last surviving Berber scholar who had received his schooling in Granada.[30] The Andalusian Arabic loanwords which are still found in Tashelhit, such as Imri ‘mirror’, Ikiyd ‘paper’, lixrt ‘hereafter’, ssisit ‘bonnet’, etc., also point to a connection between Tashelhit and al-Andalus.

29. On Berbers in al-Andalus in general see de Felipe, 1993 and 1997. (DE Felipe, Helena. 1993. ‘Berbers in the Maghreb and al-Andalus: Settlements and Toponomy.’ The Maghreb Review XVIII, pp. 57-62. )
30. Cf. Justinard, 1933, pp. 220-224.
"MEDIEVAL BERBER ORTHOGRAPHY" - MELANGES OFFERTS A KARL-G. PRASSE (pp. 357-377).”
Nico Van Den Boogert

“Cessons de véhiculer l'ignorance répandue par certains zélés d'identitarisme sur la simple similitude phonétique Aram/Arab. Toutes les graphies du bassin méditerranéen Sont dérivées par des voies différente de la tradition du commerce phénicien dans cette zone, et ce pour ce qui est des formes des lettres, de leurs appellations et de leur ordre (Alpha, Beta, Gamma, Deta, etc. qui correspond أليف، بيت جيمال، داليت، الخ). Les rapports de parenté graphique sur ce réseau de dérivation, d'une graphie à l'autre dans le temps et l'espace étant un rapport relatif, c'est plutôt la graphie nabatéenne qui à été développée (en lui rajoutant notamment 6 lettres dites /rawaadif/: غ، خ، ذ، ث، ض، ظ ) pour l'adapter au système phonémique de l'arabe émergent à une certaine époque. Rien donc à voir avec la filière assyrio-araméenne de l'évolution du fond alphabétique phénicien.
16/02/2017”
محمد المدلاوي المنبهي