Démocratie Quotes

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Pierre Desproges
“Ia démocratie est la pire des dictatures parce qu'elle est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité.”
Pierre Desproges

Alain Damasio
“ - (...) Une aliénation optimum sous les apparences d'une liberté totale.
- C'est une définition de la liberté ?
- C'est un constat”
Alain Damasio, La Zone du dehors

David Van Reybrouck
“La crise de la légitimité se manifeste à travers trois symptômes indéniables. Tout d’abord, de moins en moins de gens se dérangent pour aller voter. Dans les années 1960, plus de 85 pour cent des Européens prenaient part aux élections. Dans les années 1990, ce chiffre était inférieur à 79 pour cent. Au cours de la première décennie du XXIe siècle, il est même tombé au-dessous de 77 pour cent, le niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale

En deuxième lieu, parallèlement à l’abstention, il y a l’inconstance des électeurs. Non seulement les électeurs européens vont moins voter, mais le vote est de plus en plus capricieux. Ceux qui vont encore voter reconnaissent peut-être encore la légitimité de la procédure, mais montrent de moins en moins de loyauté à un seul et même parti.

En troisième lieu, il y a de moins en moins de gens qui adhèrent à un parti politique. Dans les États membres de l’Union européenne, seuls 4, 65 pour cent des électeurs sont encore affiliés à un parti.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“En ce début du XXIe siècle, la souveraineté, jadis fondement de l’État-nation, est devenue une notion toute relative. De ce fait, les grands défis de notre époque – changement climatique, crise bancaire, crise de l’euro,
crise économique, paradis fiscaux, migrations, surpopulation – ne peuvent plus être relevés de façon adéquate par les gouvernements nationaux. L’impuissance est devenue le maître-mot de notre époque : impuissance du citoyen face aux gouvernements nationaux, des gouvernements nationaux face à l’Europe, et de l’Europe face au monde.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“Car l’incapacité à s’attaquer aux problèmes structurels s’accompagne d’une surexposition du trivial, encouragée par un système médiatique qui a perdu la tête et qui, fidèle à la logique du marché, en est venu à préférer monter en épingle des conflits futiles plutôt que d’analyser des problèmes réels, surtout en période de baisse des parts de marché de l’audiovisuel.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“La crise de l’efficacité ne fait qu’aggraver la crise de la légitimité. Et le résultat est là : les symptômes dont souffre la démocratie occidentale sont aussi nombreux que vagues, mais si l’on juxtapose abstentionnisme, instabilité électorale, hémorragie des partis, impuissance administrative, paralysie politique, peur de l’échec électoral, pénurie de recrutement, besoin compulsif de se faire remarquer, fièvre électorale chronique, stress médiatique épuisant, suspicion, indifférence et autres maux tenaces, on voit se dessiner les contours d’un syndrome, le syndrome de fatigue démocratique, une affection qui n’a pas encore été explorée systématiquement, mais dont il est néanmoins indéniable que nombre de démocraties occidentales en sont atteintes.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“Les politiciens seraient des carriéristes, des parasites, des profiteurs déconnectés des réalités, ils chercheraient à s’en mettre plein les poches, n’auraient aucune notion de la vie des gens ordinaires, feraient mieux de ficher le camp : ces accusations, on commence à bien les connaître. Les populistes les utilisent chaque jour.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“Les populistes sont des entrepreneurs politiques qui s’efforcent de conquérir la plus grosse part de marché possible, au besoin à l’aide d’un peu de kitsch romantique. On ne voit pas très bien comment ils envisagent, une fois qu’ils auront obtenu le pouvoir, leurs relations avec ceux qui ne sont pas de leur avis, car la démocratie est le pouvoir de la majorité dans le respect de la minorité – sinon, elle dégénère en cette fameuse “dictature de la majorité”, et nous voilà encore plus loin du but.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“Durant la phase de transition qui suit une révolution, le pouvoir repose toujours, l’espace d’un instant, sur une élite qui n’a pas été élue. Il s’agit alors d’organiser le plus vite possible des élections ou un référendum, pour que le compteur de confiance puisse commencer à tourner et qu’une légitimité s’établisse a posteriori. À court terme, une technocratie peut donner une nouvelle impulsion ; à plus long terme, un tel régime n’est pas viable.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“Les technocrates font exactement le contraire des populistes. Ils essaient de remédier au syndrome de fatigue démocratique en privilégiant l’efficacité par rapport à la légitimité, dans l’espoir que les bons résultats finiront par leur valoir l’approbation des gouvernés : dans l’espoir que l’efficacité générera spontanément une légitimité.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“La dernière fois qu’un antiparlementarisme aussi virulent s’est manifesté en Europe, c’était durant l’entre-deux-guerres. Comme la Première Guerre mondiale et la crise des années 1920 étaient souvent attribuées aux excès de la démocratie bourgeoise du XIXe siècle, trois dirigeants s’en prirent au système parlementaire. Leurs noms : Lénine, Mussolini, Hitler. On l’oublie souvent aujourd’hui, mais le fascisme et le communisme étaient à l’origine des tentatives de dynamisation de la démocratie : en supprimant le Parlement, le peuple et son dirigeant pouvaient être plus en phase (fascisme) ou le peuple pouvait diriger le pays directement (communisme).”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“Les trois remèdes que j’ai évoqués jusqu’à présent me paraissent tous dangereux : le populisme est dangereux pour la minorité, la technocratie est dangereuse pour la majorité et l’antiparlementarisme est dangereux pour la liberté.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“Premièrement, la participation des citoyens s’exerçait directement. C’est en contradiction avec notre système actuel, où la représentation populaire est beaucoup plus une affaire de spécialistes. Aujourd’hui, seul le jury d’un procès d’assises se compose encore de simples citoyens. Deuxièmement, des décisions importantes étaient prises par de très grandes masses de gens. L’Assemblée du peuple ou Ecclésia réunissait des milliers d’hommes ; l’Héliée ou Tribunal du peuple comptait 6 000 membres.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“La République romaine comporte encore quelques traces du système de tirage au sort athénien, mais celles-ci tombent en désuétude à l’époque impériale. Il faut attendre le Moyen Âge et l’essor des villes d’Italie du Nord pour que cette procédure connaisse un regain d’intérêt. On en voit des exemples précoces à Bologne (1245), à Vicence (1264), à Novare (1287) et à Pise (1307), mais c’est dans les deux grandes villes de la Renaissance, Venise (1268) et Florence (1328), que le phénomène est le mieux documenté”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“Après avoir rattaché en 1492 la Castille à son royaume d’Aragon, le roi Ferdinand II devait déclarer : “Par expérience, on voit que les régimes dits du sort et du sac, dans les cités et dans les villes, favorisent davantage la vie bonne, une administration et un régime sains que les régimes qui se fondent à l’inverse sur l’élection. Ils sont plus unis et plus égaux, plus pacifiques et plus détachés des passions”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“La France n’est pas et ne doit pas être une démocratie [...]. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants" L'abbé Sieyès”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“La Révolution française, pas plus que l’américaine, n’a chassé une aristocratie pour la remplacer par une démocratie ; elle a chassé une aristocratie héréditaire pour la remplacer par une aristocratie librement choisie.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“L’ardent révolutionnaire qu’était Marat condamnait cette “aristocratisation” de la révolte populaire et prenait la défense des quelque 18 millions de Français privés du droit de vote. "Qu’aurons-nous donc gagné, disait-il, si nous exterminons l’aristocratie des nobles pour la remplacer ensuite par une aristocratie des riches ?”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“Il existe un magnifique proverbe que l’on attribue souvent à Gandhi, mais qui vient en fait d’Afrique centrale : “Tout ce que tu fais pour moi sans moi, tu le fais contre moi.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

David Van Reybrouck
“Les travaux de James Fishkin ont marqué un vrai tournant délibératif dans les sciences politiques. Aucun chercheur sérieux ne remet plus en cause aujourd’hui la forte impulsion que peut apporter la démocratie délibérative au corps gravement malade de la démocratie représentative élective. La participation des citoyens ne se limite pas à la possibilité de manifester, de se mettre en grève, de signer des pétitions et autres formes de mobilisation permises dans l’espace public, elle doit aussi s’ancrer dans les mécanismes institutionnels.”
David Van Reybrouck, Contre les élections

Gracchus Babeuf
“Vous ne paraissez réunir autour de vous que des républicains, titre banal et fort équivoque : donc vous ne prêchez que la république quelconque. Nous, nous rassemblons tous les démocrates et les plébéiens, dénominations qui, sans doute, présentent un sens plus positif : nos dogmes sont la démocratie pure, l’égalité
sans tâche et sans réserve.”
Gracchus Babeuf, Le Manifeste des Plébéiens

Gracchus Babeuf
“Rome était, en l’an 268 de son ère35, ce qu’est à peu près la France l’an IV de la République. Mais prêcha-t-on alors le dogme du silence et de la patience ? de la prudence et de la constance ?.... Non. Cassius Viscellinus se
présente. Il porte la main droit à la plaie. Quoique patricien, c’est lui qui le premier propose la loi agraire. « Il est souverainement injuste, s’écrie-t-il, que le peuple Romain, si courageux, et qui expose tous les jours sa vie pour étendre les bornes de la République, languisse dans une honteuse pauvreté, pendant que le Sénat et les patriciens jouissent seuls du fruit de ses conquêtes... Plébéiens !, ajoute-t-il, il ne tient qu’à vous de sortir tout à coup de la
misère où vous a réduit l’avarice des patriciens. » Ce discours, dit Vertot, fut accueilli aux
transports les plus vifs du peuple. Il n’y eut que l’infâme Appius et ses suppôts (les Louvet, les Réal et les Méhée de ce temps-là),
qui traitèrent Cassius de royaliste, comme les Appius d’aujourd’hui me traitent.”
Gracchus Babeuf, Le Manifeste des Plébéiens

Gracchus Babeuf
“Il est impossible de maintenir la paix et l’union entre les citoyens d’un État libre si, par le bénéfice de la loi, on ne rapproche la condition des pauvres de celle des riches, et si l’on ne partage pas, par portions égales, les terres
conquises sur les ennemis.”
Gracchus Babeuf, Le Manifeste des Plébéiens

Gracchus Babeuf
“Lorsque, pour éluder les justes réclamations du Peuple, on cherche à l’éloigner de l’intérieur, et à susciter au- dehors une guerre qui l’occupe,”
Gracchus Babeuf, Le Manifeste des Plébéiens

Gracchus Babeuf
“Qu’il prouve que la démocratie est l’obligation de remplir, par ceux qui ont trop, tout ce qui manque à ceux qui n’ont point assez !”
Gracchus Babeuf, Le Manifeste des Plébéiens

Gracchus Babeuf
“Que, sans cette égalisation posée, on donne aux plus intelligents, aux plus industrieux, un brevet
d’accaparement, un titre pour dépouiller impunément ceux qui le sont moins.”
Gracchus Babeuf, Le Manifeste des Plébéiens

Gracchus Babeuf
“Peuple ! réveille-toi à l’espérance, cesse de rester engourdi et plongé dans le découragement... Épanouis-toi à la vue d’un futur avenir heureux.”
Gracchus Babeuf, Le Manifeste des Plébéiens

Gracchus Babeuf
“Le million doré (les riches) et les 24 millions d’autres.”
Gracchus Babeuf, Le Manifeste des Plébéiens

Gracchus Babeuf
“Manifeste des Plébéiens constitue le numéro 35 du Tribun du Peuple. Celui-ci avait pris la suite du Journal de la liberté de la presse, l’évolution des mots évoquant la référence de plus en plus accentuée à une République
romaine qui avait connu les problèmes auxquels il se trouvait confronté : le lien social, la loi, le droit, la justice. Il choisit de changer son prénom en adoptant celui de Gracchus, précisément parce que les Gracques ont réclamé une réforme agraire en faveur de la plèbe. Il sait très bien qu’après Thermidor, l’aristocratie des riches est en
train de remplacer la République démocratique.”
Gracchus Babeuf, Le Manifeste des Plébéiens

“On notera par amusement le privilège commun qui associe fortuitement ces trois termes : la mélancolie, après tout, ne métamorphose-t-elle pas le corps en théâtre sur lequel l'âme joue ses drames universels dans une terrible démocratie du malheur, sans privilège de caste ni de rang ?”
Patrick Dandrey, Anthologie de l'humeur noire: écrits sur la mélancolie d'Hippocrate à l'Encyclopédie

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