Malraux, ce n'est pas seulement André. C'est aussi Clara : sans elle, sa vie, sa légende auraient sans doute été différentes. Entre eux a existé un lien fait de complicité et de passion. Ils se sont aimés, déchirés, trompés. Ils ont tout connu ensemble, sauf l'ennui. Vivant éperdument et en communion les fêtes des années vingt, à la confluence des débats intellectuels, politiques et artistiques, ils ont trouvé dans les voyages l'exotisme, la révolution chinoise, la drogue qui convenait à leurs tempéraments survoltés. L'initiatrice du voyage en Indochine et du pillage des temples d'Angkor, c'est elle. Mais c'est elle aussi qui sauve Malraux de la prison et se lance avec lui dans toutes ses aventures, y compris la guerre d'Espagne. Amoureuse mais libre, vivant ses amours à sa guise, elle supporte mal que son illustre compagnon lui rende la pareille. Supplantée par d'autres femmes - Josette Clotis, Louise de Vilmorin - , elle souffre de l'abandon mais ne se résigne pas. C'est une battante. Faute de partager les combats de Malraux, elle se dresse contre ses idées. Elle milite de plein cœur du côté des faibles, des opprimés, et rêve de fraternité universelle. Destin magnifique et cruel. Ce livre montre comment une femme moderne, libre, tente d'exister à l'ombre d'un grand homme. Non pas par lui mais avec lui. Et même, sans lui.
Son père, Arthur Conte, fut écrivain catalan et homme politique.
Études secondaires et supérieures à Paris.
Mémoire de maîtrise à la Sorbonne sur « les fées et les sorcières dans la littérature des XIIe et XIIIe siècles ». Agrégation de lettres modernes, en 1975.
Débute comme journaliste au Quotidien de Paris, en 1980, et publie son premier roman au Mercure de France, Les Heures volées, en 1981.
Critique littéraire au Quotidien de Paris, de 1980 à 1985, au Figaro littéraire, de 1985 à 2004, à Version Femina, depuis 2004.
À la fois romancière et biographe, reçoit le Grand Prix de la biographie de l’Académie française pour Romain Gary, en 1987, le prix Interallié pour Malika, en 1992, le prix Renaudot pour Le Manuscrit de Port-Ébène, en 1998, et la bourse Goncourt de la biographie pour Berthe Morisot, en 2000.
Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco, en 2010.
Membre du jury du prix Renaudot.
Élue à l’Académie française, le 18 avril 2013, au fauteuil de Michel Mohrt (33e fauteuil).