Les Vertueux est un roman puissant et émouvant. Il raconte l'histoire d'un homme qui lutte pour trouver sa place dans un monde hostile. C'est une histoire sur la résilience, l'amour et l'espoir.
Un livre parmi d'autres qui m'ont marqué et je ne ressentirais peut-être jamais ce que j'ai ressenti en le lisant
Yasmina khadra nous impressionne à chaque fois,j'ai vécu avec Yacine ,j'ai voyagé avec, j'ai aimé, détesté, peluré..
Ce livre marquera à jamais mon esprit.
C’est comment la mer ? me demanda-t-elle. — C’est un grand Sahara avec de l’eau à perte de vue. — Est-ce vrai qu’on ne peut pas boire de son eau ni irriguer les champs avec ? — C’est vrai, mais elle recèle d’auprèsvertus. Elle posa sur moi ce regard qui me désarmera toujours. — Si c’est sur ton chemin, et seulement si c’est sur ton chemin, parce que je ne veux pas que tu le fasses contre ton gré, tu m’emmèneras voir la mer, un jour ? Je serrai sa main dans les miennes. — Je t’emmènerai où tu voudras. — Tu n’es pas obligé, si ce n’est pas sur ton chemin. — Mon chemin est la trace de tes pas, Mariem. Je t’emmènerai voir la mer, je te le promets.
Rappelle-toi, mon garçon. L’échelle de la Sagesse comporte sept paliers qu’il faut impérativement franchir si l’on veut accéder à soi, rien qu’à soi, et à personne d’autre. — Sept paliers ? — Dans Le Manuscrit des Anciens, on les appelle « Les sept marches de l’arc-en-ciel » (il compta sur ses doigts) : l’amour ; la compassion ; le partage ; la gratitude ; la patience et le courage d’être soi en toutes circonstances. Si tu arrives à en faire montre, tu atteindras le sommet-roi, celui qui te met hors de portée du doute et tout près de ton âme. — Tu n’en as cité que six. Il sourit, de ce sourire qui en dit long sur les chemins de croix qu’il avait dû négocier pour accéder à son âme. — Va, mon garçon. La septième est au bout de ton destin.
Je pense avoir atteint le palier qui me rapproche le plus du salut de mon âme. S’agit-il de la septième marche de l’arc-en-ciel dont parle Le Manuscrit des Anciens ? – le pardon ?… Sans doute. Depuis que j’ai choisi de pardonner, je ne frémis qu’aux choses qui apaisent le cœur et l’esprit. Oui, j’ai tout pardonné. Et c’est beaucoup mieux ainsi. Je suis bien, aussi léger que la respiration du nourrisson qui s’est assoupi en tétant le sein de sa mère, tellement confiant que je n’ai qu’à lever le bras par-dessus le sommet-roi pour cueillir mon étoile de berger.
Ah ! Mariem, ma merveilleuse petite rose des sables… Quelle femme, quelle épouse, quelle chance, quelle absence ! J’ai été heureux auprès d’elle, de ce bonheur humble et pudique, frais comme l’air qu’on respire le matin en ouvrant la fenêtre. Ma chère Mariem. Je ne lui avais pas souvent déclaré ma flamme de vive voix comme j’aurais dû le faire, je n’avais pas soulevé les montagnes pour elle, mais je l’ai aimée d’un amour sincère, de cet amour qui dure parce que ordinaire, que l’on cultive graine après graine, avec patience et retenue ; l’amour des petites gens, qui n’exige pas grand-chose et qu’un zeste de bienveillance et un profond respect rendent aussi grand que la foi – c’était notre amour, à Mariem et à moi, notre refuge et notre combat, fait de bouts de tendresse et de quelques éclats de rire, sobre afin que la vie soit ce qu’il nous arrive et non pas ce que nous fuyons