Et s'il suffisait de 25 tueurs pour plonger la France dans le chaos ? Une meute sans visage dressée par un pervers de génie pour frapper leurs cibles avec une perfection terrifiante. Et s'il suffisait d'un seul homme ?. Pour que nous nous mettions tous à douter
Jérôme Camut, né en 1968 à Rueil-Malmaison (92), est un écrivain français de science-fiction et de thrillers, ces derniers en collaboration avec Nathalie Hug. Bien que né en région parisienne, Jérôme Camut, benjamin d'une fratrie de deux garçons et d'une fille, grandit à Angoulême. Il y fréquente successivement les écoles, collèges et lycées Saint-Joseph, Saint-André, Saint-Paul et Sainte-Marthe.
Après sa scolarité obligatoire, il rallie Paris pour y poursuivre ses études à l'École supérieure de réalisation audiovisuelle. Son projet à l'époque est de devenir réalisateur. Les deux années d'études se déroulent à merveille. Vient alors le temps du service militaire, passé pour partie en Bretagne aux écoles de Coëtquidan en tant qu'officier de réserve, dont il sort lieutenant.
On se retrouve aujourd’hui avec le troisième tome des Voies de l’Ombre, de Jérôme Camut et Nathalie Hug, Instinct. Comme instinct de survie. À moins qu’il ne soit plutôt question d’instinct animal, au sujet de cette meute de mercenaires dressés par Kurtz pour mener à bien son Grand Œuvre ? Un an après la fin de Stigmate, on retrouve l’ennemi public n° 1 mais il semble que la roue ait tourné : il est prisonnier d’on ne sait trop qui, sous médication et immobilisé au cœur d’une région recouverte par les glaces. L’histoire de l’attrapeur attrapé ? Hum… C’est un peu plus compliqué que ça, vous vous en doutez.
Car la meute va se débrouiller pour forcer les autorités à se mettre en quête du Maître et c’est Eliah Daza, l’ex-commissaire des tomes précédents, qu’on va rappeler pour se lancer sur les traces de Kurtz. On retrouve bien sûr des personnages déjà connus, Daza, Chopelle, Andréas et Clara Darblay en tête dont les évolutions psychologiques ne sont pas inintéressantes, mais les Camhug nous offrent aussi de nouveaux personnages, de Malia, la magnifique femme de Daza qui a échappé à une guerre civile en Afrique, à Shan, la Seven de Kurtz, sa préférée. Deux femmes fortes dont j’ai apprécié la rencontre…
L’intrigue est subdivisée en plusieurs sous-intrigues qui vont évidemment se rejoindre. La détention de Kurtz pour commencer, son évasion et sa longue errance dans les terres glacées ; l’enquête d’Eliah Daza ensuite et sa confrontation avec cette loque de Darblay ; et enfin Shan, amnésique ayant participé à un attentat à Berlin, qui se livre aux autorités française sous prétexte qu’elle est dangereuse… Sans blague ! Si Kurtz semble sacrément en difficulté durant une bonne partie de l’histoire, sa meute n’est pas loin et ne l’a pas abandonné. Or, ils ont tous le cerveau aussi tordu que lui et les autorités vont souffrir, c’est le moins que l’on puisse dire !
Le récit est parfaitement bien construit et on n’a pas le temps de s’ennuyer, il n’y a pas beaucoup de répit, les événements s’enchaînent très vite. Dans le tome précédent, j’avais été un peu dérangée par ce que devenait Rufus Baudenuit, sa déchéance, et cela avait pesé sur ma lecture. Pas de ça ici, même si les portes de l’enfer semblent de plus en plus proches. Personne n’est épargné et je me suis régalée. J’aurais peut-être aimé plus de détails sur la meute et le Grand Œuvre de Kurtz, mais j’ai dévoré ce troisième tome et j’ai hâte de conclure la quadrilogie avec Rémanence, où l’on retrouvera Clara et Louis, et leurs esprits gangrenés par tout ce qu’ils ont subi. Affaire à suivre !
Le plus difficile lorsque des écrivains se lancent dans une série aussi volumineuse que celle des Voies de l'ombre est de savoir garder son auditoire en trouvant dans chaque tome un nouvel axe au récit, de ne pas sombrer dans la répétition du premier tome.
Cet Instinct, troisième tome de la tétralogie, est l'exemple même du livre qui déjoue tous les pièges de la série.
Tout d 'abord les personnages principaux sont changés, sauf bien entendu le psychopathe, véritable soleil noir autour duquel gravitent tous les autres personnages. Jérôme Camut et; Nathalie Hug ont eu la bonne idée de reprendre un personnage secondaire, de le faire montée en puissance. Personnage fort, à la psychologie différente des précédents héros, qui va revoir son jugement sur Kurtz.
Kurtz, justement, Phénix du mal, qui va revenir et montrer tous ses talents d'emprise psychologique, de son intelligence, qui ferait passer Hannibal Lecter pour un amateur.
Hasard de l'actualité de décembre 2018, mais le final du roman semble avoir été inspiré par les mouvements de contestation dans la capitale française.
Je ne m'étendrais pas sur les qualités de la rédaction à 4 mains de ce roman : les deux auteurs apportent chacun leurs facilités respectives qui font passer ce roman des presque 600 pages à une vitesse grand V.
Belle tentative de donner un nouveau souffle à l'histoire, mais un peu ratée à mon goût. Le roman souffre d'un déséquilibre entre le temps consacré à la mise en place des situations initiales, enrobées d'un mystère factice dévoilé en trois lignes, et la situation explosive finale, qui aurait mérité davantage de développement pour qu'on y croit ! Bref, après avoir adoré et adulé les deux premiers tomes, le soufflé est retombé. J'espère qu'il reprendra forme dans le quatrième et ultime tome 😉
La trilogie s’achève de manière spectaculaire et totalement échevelée. Il y a là matière à un long (très long) métrage, reste à savoir qui pourrait incarner Kurtz. Dommage, Brando est mort. Le personnage de Kurtz devrait (DOIT !) rentrer au panthéon des psychopathes cultes, avec Hannibal Lecter ou Dracula. Toute la dimension de sa personnalité apparait tout au long des 3 volumes, mais la conclusion donne un éclairage nouveau. De dangereux sanguinaire, il se dévoile et apparait comme un être humain. Déviant le zigue, complètement à l’ouest même dans un certain sens, mais franchement pas beaucoup plus bestial que le chasseur du dimanche ou l’amateur de corrida, car ce qui lui manque c’est juste le sens de la morale, du bien et du mal, le respect de l’homme. Ce qui fait de lui le monstre que le public voit de lui, c’est ce manque d’amour pour l’humanité, sinon, il reste un homme avec ses faiblesses et ses craintes, même si Kurtz démontre une assurance certaine et une confiance en lui inébranlable. On pourrait presque parler de foi. Kurtz a la foi en lui-même, mais peut aussi avoir ses limites.
Le dernier volume conclut une traque haletante, et dévoile l’étendue des activités de Kurtz. Le rythme ne faiblit pas, les personnages sont attachants et terriblement humains. Pas de héros vengeurs, que des hommes, des victimes, et un bourreau. Ce qui fait la force de cette trilogie, c’est le côté profondément psychologique, le personnage le plus poussé reste Kurtz, une véritable énigme, voire une insulte à l’Humanité. Et pourtant, il reste un homme.
Il est occasionnellement comparé à Hitler, et certains personnages qui sont confrontés à lui s’étonnent de le trouver fascinant, de partager certains avis, et en ont honte. Ce dilemme m’a fait penser à La part de l’autre, de Schmitt. On qualifie de monstre un individu dont les actes sont assez abominables pour faire honte au genre humain et à nous inciter à refuser que l’auteur en face partie. Qualifier ce genre d’individu de monstre nous rassure et nous donne l’impression qu’il fait partie d’autre chose que l’Humanité. Fausse impression hélas.
Pour les amateurs je conseille la lecture de deux livres Stéphane Bourgoin, Enquête sur les tueurs en série, ou encore Henry Lee Lucas, la main de la mort, qui nous en apprend pas mal sur ces joyeux drilles.
Ce roman est un peu plus psychologique. On essaie de comprendre où veut nous emmener les auteurs avec difficultés. Instinct nous plonge dans une apocalypse plus que réaliste. Kurtz a disparu des radars et ses chiens sont à sa recherche. Pour le retrouver, des attentats et des revendications commencent. Des meurtres ciblés affluent tous les jours et continuera jusqu'à la libération de Kurtz. Pour nous faire comprendre comment agi les chiens de Kurtz, Shan (Seven Even) nous montre une partie de son élevage qu'elle réapprend. Enfin, c'est ce que veut nous faire croire les auteurs. On peut voir comment elle a fait pour survivre et de la façon dont Kurtz gérer l'endroit d'où elle vient. Darblay est un homme qui a perdu foi en sa race et en se qu'il est. Clara, sa fille, est détruite et cherche du réconfort où elle peut en trouver mais ce sera en dépend de certaines personnes. Daza revient à la demande de Kurtz avec sa femme enceinte. Il devra retrouver Kurte et le ramener vivant. Une fois sa mission rempli, il découvre l'envers du décors de Kurtz et ce que la France va endurer durant plusieurs jours. Il découvrira que même le gouvernement a ses propres lois. Le dénouement ne peut se finir que d'une seule solution, la mort de Kurtz. Kurtz mourra-t-il à la fin de ce roman ? Un troisième opus qui ne reflète aucunement les précédents. Il est à la fois palpable et psychologique. Il faut s'attacher à ce qu'on sait déjà des personnes et comprendre leur mal-être. Jérôme Camut et Nathalie Hug, nous expédient dans un nouveau décor et une nouvelle psychose. On n'en sortira indemne.