La Rouille est un roman d'apprentissage. Nói vit dans une casse automobile avec son père, quelque part dans un pays post-soviétique cerné de misère ordinaire. Bientôt, il devra passer le « Kännöst », un rite initiatique brutal, mystérieux et inquiétant imposé par les hommes de sa communauté. Entre soirée MMA, concerts de Métal et défonce aux détergents, Nói grandit comme il peut, rebelle chahuté par ses émotions, à l’ombre du grand père clanique et tyrannique. Sans jamais cesser de rêver de partir loin, très loin… Entre Sukkwan Island de David Vann et L'été des charognes de Simon Johannin, La Rouille vous attrape et ne vous lâche pas.
Je suis dur, mais si La Rouille a des qualités, elles sont malheureusement comprises dans un récit qui a tendance à l'étalement et parfois à la perte de repère un peu facile et beaucoup trop efficace : comprenez qu'on ne sait réellement plus quelle réalité nous suivons et que l'histoire devient un brin "illisible" comme on dirait d'une succession de plans cinématographiques. Ces moments de phrases hachées comprenant un ou deux mots qui quelque fois font scintiller de fort belles allitérations. Au sein de ce récit un peu chewing-gum, les lecteurices trouveront tout de même une chouette scène de tendresse filial entre un oncle et son neveu (le héros), et de nombreuses évocations et un certain talent pour nous mettre la tête dans la terre, les oreilles dans les branchages. Brisure. Cassure. Éclat. Sang éclaboussé. Nuée.
Un de mes livres préférés. Impossible de le lâcher avant de connaître la fin. Je pensais sans arrêt au protagoniste quoique je fasse et où que je sois, j'avais hâte de retrouver ma lecture ...