La Chine de Luc Richard n'est pas celle du miracle économique et des golden boys. Et s'il lui arrive de nous entraîner au coeur des mégalopoles rutilantes qui fascinent tant nos grands investisseurs, il le fait en empruntant des ruelles borgnes et mal éclairées. Pour mus y faire découvrir un monde étrange et saisissant, authentique, et profond. La Chine de Luc Richard, c'est celle des routes défoncées et des semaines d'attente devant un pont tombé dans le précipice, celle des camionneurs hagards et des flics mystiques, celle des filles de joie de Lhassa et des islamistes de Kachgar, celle des nuits d'ivresse et des pêches miraculeuses, celle aussi de l'amitié qui vous fait faire un détour de deux mille kilomètres pour répondre à une invitation et... repartir aussitôt. Et on reste interdit devant cette vision tonique, fraternelle et un peu folle d'un pays si lointain et soudain si proche. Enrobée de mystère, la Chine séduit mais ne s'offre pas.
Le livre est bien écrit et le récit de voyage fascinant, ce qui en fait un livre que je recommande autour de moi. Néanmoins, le discours sur les femmes n'est pas du en accord avec le XXIe siècle, la femme est plus qu'un objet de beauté ou une cuisinière. Je ne fait normalement pas ce genre de commentaire mais ici ça allait trop loin.