Jump to ratings and reviews
Rate this book

La Québécoite

Rate this book
L’immigré fait souvent face à un difficile dilemme: devenir autre ou rester lui-même. Régine Robin, française, mais aussi juive d’Europe de l’Est de par ses parents, rend compte de sa difficile intégration dans une ville qui la rebute d’entrée de jeu avant qu’elle la découvre par petits pans. Régine Robin nous livre son témoignage dans un style postmoderne qui déroute, surprend et captive le lecteur.

Mass Market Paperback

First published January 1, 1983

Loading...
Loading...

About the author

Régine Robin

36 books4 followers

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
8 (12%)
4 stars
13 (20%)
3 stars
25 (39%)
2 stars
13 (20%)
1 star
5 (7%)
Displaying 1 - 6 of 6 reviews
Profile Image for Czarny Pies.
2,890 reviews1 follower
September 10, 2023
"La Québécoite" prétend être un roman sur l'expérience immigrant. La protagoniste qui est vraisemblance l'alter de Robin ego décrit son aliénation à Montréal la deuxième moitié du 20e siècle où sa culture n'a pas de "part dans l'imaginaire de la ville." (p. 187) Robin écrit: "La parole d'immigrante est insituable, intenable. Elle ne s'est jamais où on la cherche, où on la croit. Elle ne s'installe pas. Paroles sans territoire et sans attache, elle a perdu ses couleurs et ses tonalités." (p. 205)
À mon avis, Robin se trompe. Son roman est plutôt le récit du parcours "d'une juive ukrainienne de Paris installée provisoirement à Montréal , donnant des cours dans des universités anglophones (McGill)" p. 175. C'est vrai que l'héroïne est une immigrante mais les détails présentés sur son héritage culturels sont tels que l'on ne peut pas la considérer comme étant une immigrante comme toutes les autres.
Il faut très bien connaitre l'histoire des juifs de la Pologne et de l'Ukraine afin comprendre "La Québécoite". Au début, la narratrice parle des origines de sa famille en "Volyhnie" qui est le terme employé pour une territoire actuellement en Ukraine mais qui faisait partie pendant des siècles de la Pologne. Robin mentionne plusieurs fois les massacres de Chmielnicki (1652) et les pogroms de Petliura (1918-1921) qui sont très peu connus en dehors de l'Ukraine et de la Pologne. Elle discute longuement du mouvement messianique du Sabbatai Zevi (Jakob Frank, 1726-1791) qui en peu connu même en Ukraine et en Pologne. (Pour ce qui veut savoir plus sur le Sabbatai Zevi je recommande "Les Livres de Jakob" le roman d'Olga Tokarczuk qui n'a pas réussi à rendre le Frankism.) À mon avis, c'est la spécificité juive-ukrainienne qui est la véritable force du roman. Cependant, cette spécificité rend la lecture du roman très difficile pour le lecteur canadien.
Ce qui le lecteur canadien va reconnaitre est l'absurdité linguistique à Montréal causé par le bras de fer entre les francophones et anglophones. Robin se sert des "techniques de collage"(p. 207). Elle reproduit la liste des " noms des stations de métro -Lionel-Groulx, Pie X, Atwater, Peel, Berri-de-Montigny" afin de mettre en lumière "l'étrangeté" (p. 53) de la situation.
Aussi, Robin présente le classement de la ligue majeure de Québec (p. 85) et les programmes de télévision (p. 128-132) pour créer l'ambiance montréalais dans son roman. Finalement elle nous donne des extraits du menu du restaurant: "L'omelette St. Louis":
L'omelette Émile Nelligan (jambon - fromage-tomates-oignons) $2.95
L'omelette Catherine Tekakwitha (pétoncles - champignons-fromage)$4.15
etc.
Les critiques de Robin sont assez juste pour la plupart, mais j'ai trouve qu'elle est très sévère avec le catholicisme québécois et qu'elle a trop de sympathie pour le laïcisme. Elle se moque des martyrs en 1649 aux mains des Iroquois de Jean Brébeuf et Gabriel Lalemant. Également elle manque de respect envers le chanoine Lionel Groulx. Pourtant elle est assez respectueuse envers René Levesque, Marie Claire Blais , Jacques Godbout et les autres héros de la gauche-indépendiste de Québec.
"La Québecoite" est un calvaire à lire. Lisez-le seulement s'il se trouve sur le programme d'un cours que vous suivez.
Profile Image for Yavor Petkov.
80 reviews1 follower
July 26, 2016
C’est un livre emblématique, un livre phare des écritures migrantes au Québec. On peut le considérer comme un manifeste de ce soi-disant courant littéraire. En effet, Régine Robin jette les bases d’un style, d’une technique d’écriture qui se fasse l’expression de la « parole migrante » dans ce qu’elle a de déboussolé, de mouvementé, de « baroque ». Ce n’est pas tant une LITTERATURE migrante, mais bien une ECRITURE migrante.

Pourquoi manifeste ? Parce que le roman non seulement raconte, mais aussi commente sa propre genèse. Il est à la fois la parole migrante et l'instance qui théorise sur cette parole, ce qui constitue le caractère récursif, réfléchi et finalement damné (sans issue) de la prise de parole migrante. Le discours auctorial va jusqu'à concevoir sa propre réception.

Le livre a fait couler beaucoup d’encre dans les milieux académiques et critiques et a inspiré tout un discours du pluralisme littéraire et du nomadisme culturel qui s’est un peu éteint avec la fin du 20ème siècle, mais qui risque de ressusciter (et à raison), d’autant plus que la question de la diversité connaît un regain d’intérêt.
Ceci dit, comme c’est le cas d’ailleurs de bien des manifestes, le roman reste sans successeurs véritables, cette écriture ne trace pas un sillon dans la littérature québécoise, puisque les autres écrivains que l’on qualifie de migrants adoptent souvent un style d’écriture plus traditionnel. Chez eux, la migration se présente davantage au niveau des thèmes ou de l’imaginaire et moins au niveau de la « forme ».
Mon avis personnel est que le projet de l’auteure est fort intéressant et prometteur et je regrette qu’il n’ait pas engendré sa propre succession. En même temps, le texte est, il faut bien le dire, difficile à lire, passablement fastidieux à des moments. J’ai failli abandonner le livre à plusieurs reprises en me disant que c’était le bouquin le plus ennuyeux que j’aie jamais lu. Il faut reconnaître aussi que je le lisais par petits morceaux, dans les autobus, avant de m’endormir, en buvant mon café, etc. et que ce n’est pas le genre d’ouvrage à accompagner ce type de moments. La Québécoite a besoin d’accaparer son lecteur pour lui parler. Il faut s’imbiber de la dérive migrante, y plonger, s’en aller à vau-l’eau avec la narratrice, laisser sa « mémoire sombrer avec armes et bagages » pour sentir le vertige à la fois effrayant et enrichissant de la parole robinienne. Bref, en tant que l’amorce d’un projet qui se voulait de longue haleine, certes imparfait mais plein d’avenir, La Québécoite mérite pleinement son statut d’œuvre importante. J’ai acheté aussi L’immense fatigue des pierres que je suis impatient de lire.

Pour voir des extraits du récit, soyez les bienvenus sur mon blogue : http://chapcreation.blogspot.bg/2016/...
Profile Image for Geneviève.
102 reviews
October 11, 2010
C'est comme lire un cauchemar des temps de fièvre, où l'on revoit mille et une fois la même image, où l'on est pris au piège, hanté dans un refrain interminable et affreusement banal.
Profile Image for Arielle Katz.
14 reviews1 follower
November 28, 2015
Pour compenser un peu l'injuste critique publiée précédemment, il s'agit au contraire d'un texte d'une grande beauté et d'une érudition complexe, qui questionne la mémoire et la survie du patrimoine juif ashkénaze après la "khurbn", le judéocide nazi.
Displaying 1 - 6 of 6 reviews