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Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R***

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Les Lettres de la Marquise de M *** au Comte de R *** est la première grande œuvre d'un écrivain de vingt-cinq ans. Il s'agit d'un roman par lettres qui ne donne à lire de cette correspondance amoureuse que les lettres de la femme.
Mariée contre son goût, la marquise cultive les figures successives et contradictoires d'une passion dont elle fait la substance de son existence entière.
Des formes les plus gracieuses de la comédie de sentiment jusqu'à la tonalité tragique, toute la gamme des modalités de l'amour se propose à une épistolière fort habile à mettre en spectacle la vie du cœur. Rien n'échappe à l'héroïne des dangers vers lesquels elle court. Mais le savoir dont elle dispose est à la mesure de son impuissance : la raison n'est d'aucune efficacité contre la passion.
Le roman de Crébillon va du réjouissant au terrible. Il procure ces pages rares où l'émotion coexiste avec la perception de l'artifice qui devrait l'abolir.
La qualité de l'œuvre, la maîtrise du romancier, le style, font des Lettres de la Marquise l'un des plus beaux romans des Lumières.

Crébillon fils (1704-1777). Sa vie se confond avec son œuvre. Tôt lancé dans les salons et les coulisses, il y apprend la vie qu'il décrit d'un pinceau impertinent. Le libertinage qu'on lui suppose l'envoie à la Bastille, il en sort pour devenir Censeur royal. Les dates importantes de sa vie restent ses romans : Les égarements du cœur et de l'esprit (1738), Le Sopha (1742), La Nuit et le moment (1755), Le Hasard du coin du feu (1763).

258 pages, Paperback

First published January 1, 1732

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About the author

Claude Prosper Jolyot de Crébillon, dit Crébillon fils, was a French novelist. Born in Paris, he was the son of a famous tragedian, Prosper Jolyot de Crébillon, dit Crébillon père. He received a Jesuit education at the elite school Louis-le-grand. Early on he composed various light works, including plays for the Italian Theatre in Paris, and published a short tale called Le Sylphe in 1730. From 1729 to 1739 he participated in a series of dinners called "Le Caveau" (named after the cabaret where they were held) with other artists, including Alexis Piron, Charles Collé, and Charles Duclos.

The publication of Tanzaï et Neadarne histoire japonaise (1734), which contained veiled attacks on the Papal bull Unigenitus, the cardinal de Rohan and others, landed him briefly in the prison at Vincennes. His novel Les Égarements du cœur et de l'esprit was published in 1735 and was although he continued to edit it in 1738, it was never finished. Publication of Le Sopha in 1742 forced him into exile from Paris, which lasted several months.

Around 1744 he entered into a romantic liaison with Lady Henrietta Maria Stafford, daughter of a Jacobite chamberlain, and they were married in 1748. A son born in 1746 died in 1750. Despite financial hardship, they lived harmoniously until her death in 1755. Meanwhile, he published La Nuit et le moment (1745), Ah quel conte and Les Heureux Orphelins (1754). Inheriting nothing from Henriette, he was forced to sell his large library in 1757 and eventually found steady income as a royal censor (like his father) in 1759. In 1768 and 1772 he published his last two novels, Lettres de la duchesse de au duc de and Lettres athéniennes .

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Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for Maria.
Author 1 book51 followers
April 10, 2022
Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R*** est la première œuvre célèbre d’un écrivain d'environ trente ans - Crébillon fils. Et de quoi s’agit-il? C’est un roman qui consiste en des lettres qui nous sont données dans le but de lire une correspondance amoureuse uniquement du point de vue de la femme. C’est grâce au livre que j’ai récemment écrit que j’ai pu me rapporter si fortement non seulement au style d’écriture, mais aussi aux émotions transmises. C’est une histoire similaire dans laquelle la femme traite son histoire d’amour avec un tel tragique, alors que l’homme a une personnalité indéchiffrable. L’ironie est que les initiales des noms des personnages de mon livre sont identiques à celles de Crébillon - M et R.

Mariée contre son gré, la Marquise de M*** crée les figures successives et contradictoires de la passion qui font la substance de toute son existence. Au fil du livre, le lecteur passe par toutes sortes d'émotions à travers une manière authentique de mettre en scène les paradigmes de l’amour. Rien ne sauve l’héroïne les dangers auxquelle elle veux échapper, d'où la fin tragique - J’ai atteint le dernier jour de ma vie et je veux me préparer pour recevoir courageusement le moment qui y mettra fin. Adieu, adieu, adieu pour toujours! Mais sa lucidité est équivalente à son incapacité: la raison est inefficace contre la passion. Le roman de Crébillon va de l'aimant et attentionné au terrible et grotesque. Ce dissonance complète ces rares pages où l’émotion coexiste avec la perception du sacrifice - sacrifice qui ne peut disparaître dans un amour aussi interdit que celui entre deux amants.

La qualité de l’œuvre, la profondeur du romancier et le style sont combinés pour faire Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R*** l’un des plus beaux romans des Lumières. J’ai souligné plus de la moitié du livre, et c’est pourquoi je n’ai même pas pu trouver de citations appropriées à utiliser comme exemple dans cette revue. Je pourrais citer tout le livre...
Profile Image for Amandine.
450 reviews64 followers
October 1, 2011
Roman épistolaire monodique assez différent des autres œuvres que j'ai lues de cet auteur : contrairement aux précédentes où dominent la théorie du goût et du moment, celle-ci est un roman de l'amour. On y assiste à la naissance, puis à la mort de cet amour, ou plus précisément au décès de l'amoureuse délaissée. Toutes les étapes de ce parcours amoureux sont présentes et détaillées à travers ces lettres. En cela, j'ai reconnu le talent d'observateur de Crébillon. Son style si plaisant est déjà particulièrement bien ébauché et rendent ces lettres très agréables à lire. Au début badine et confiante, l'épistolière passe de plus en plus à la tendresse, à l'inquiétude et au désespoir.
Un très bon roman, auquel l'aspect monodique n'enlève rien tant les lettres sont réussies et font imaginer sans peine celles auxquelles elles répondent.
Profile Image for Émilie Del Toboso.
83 reviews3 followers
February 9, 2025
Pendant ma lecture de ces lettres, j’en parlais à des amis en disant : Dans les lettres de la Marquise, de Crébillon, roman épistolaire du XVII - si je ne me trompe pas - on n’y voit qu’un point de vue féminin. C’est celui de la marquise, qui dit aux hommes qu’ils sont nuls, qu’elle ne les aiment pas, qu’elle est inaccessible, mais tout en restant auprès d’eux, qu’elle ne veut plus d’eux, mais qu’elle veut bien de leurs lettres… Bref, c’est l’histoire d’une marquise qui ne sait pas ce qu’elle veut. Ma théorie est que personne ne l’aime comme elle le souhaiterait alors elle préfère n’aimer personne. Elle rejette souvent l’amour par des formules plus extravagantes les unes que les autres et que l’on traduirait en langage d’aujourd'hui en « casse tes sales pattes de là, moi j’t’aime pas, gros forceur ». On pourrait penser que oui, elle n’aime pas cet homme à qui elle parle. Le rejet n’est-il pas la preuve de son manque d’amour ? Mais non. Ce serait se tromper que de penser cela. La marquise n’est juste pas sûre de ses sentiments et pour ne pas blesser cet homme, et ne pas se blesser elle-même, elle préfère nier en bloc ses sentiments et mener à bien un amour tragique.
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