Ik ook, geloof dat de meeste vrouwen nog steeds voornamelijk in relatie tot de mannen in hun leven worden gedefinieerd. Klinkt ironisch uit mijn mond (ik ben niet jullie meest serieuze vriendinnetje met de meest ernstige book reviews), maar daar meen ik elk woord van.
Ik heb Le Deuxième Sexe als tiener proberen te lezen, maar ik denk dat ik nu pas oud genoeg ben om De Beauvoir werkelijk te begrijpen. De pocket bevat ook wel de beste delen van LDS. Wat ze schrijft over monogamie, de studerende vrouw, seks, het reddende van de professionele bezigheden van de vrouw, financiële (on)afhankelijkheid, homoseksualiteit (heel kort hier wel, moet ik bekijken in LDS), rebellie, het belang van uiterlijkheidszorg voor vrouwen (onvergelijkbaar met dat voor de man), artistiek schepper (“créatrice”) zijn als vrouw (niet gewoon: iets kunstigs voortbrengen), voortplanting en anticonceptie - ik snap het allemaal en dat is…. vernietigend. Elke vrouw in mijn omgeving moet oprecht minstens deze folio (+- 120 p. en bijlage) hebben gelezen (taal maakt niet uit) om 1) te beseffen van hoe ver we komen, en om 2) zich te hoeden voor de valkuilen van de vrouwelijkheid van vandaag. Dadde, en dat ene boekje met essays van suffragettes.
“Or la femme a toujours été, sinon l'esclave de l'homme, du moins sa vassale; les deux sexes ne se sont jamais partagé le monde à éga lite; et aujourd'hui encore, bien que sa condition soit en train d'évoluer, la femme est lourdement handicapée. En presque aucun pays son statut légal n'est identique à celui de l'homme et souvent il la désavantage considérablement. Même lorsque des droits lui sont abstraitement reconnus, une longue habitude empêche qu'ils ne trouvent dans les mœurs leur expression concrète.”
“Beaucoup de femmes d'aujourd'hui, ayant eu la chance de se voir restituer tous les privilèges de l'être humain, peuvent s'offrir le luxe de l'impartialité : nous en éprouvons même le besoin. Nous ne sommes plus comme nos aînées des combattantes.”
“Le code français ne range plus l'obéissance au nombre des devoirs de l'épouse et chaque citoyenne est devenue une électrice'; ces libertés civiques demeurent abstraites quand elles ne s'accompagnent pas d'une autonomie économique; la femme entretenue — épouse ou courtisane — n'est pas affranchie du mâle parce qu'elle a dans les mains un bulletin de vote ; si les mœurs lui imposent moins de contraintes qu'autre-fois, ces licences négatives n'ont pas modifié profondément sa situation ; elle reste enfermée dans sa condition de vassale. C'est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c'est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète. Dès qu'elle cesse d'être une parasite, le système fondé sur sa dépendance s'écroule ; entre elle et l'univers il n'est plus besoin d'un médiateur masculin.”
“Quand le mâle jouit de la femme, quand il la fait jouir, il se pose comme l'unique sujet : imperieux conquerant, généreux donateur ou les deux ensemble.”
“Parfois, elle renonce entièrement à son autonomie, gle rest plus qu'une amoureuse; le plus souvent elle essaie une conciliation; mais l'amour ido-lâtre, T'amour abdication est dévastateur: il occupe toutes les pensées, tous les instants, il est obsédant, tyrannique. En cas de déboires professionnels, la femme cherche passionnément un refuge dans l'amour (…) Ici encore pour que la femme pût être amoureuse à la manière d'un homme, c'est-à-dire sans mettre son être même en question, dans la liberté, il faudrait qu'elle se pensât son égale.”
“En effet, pour devenir un créateur il ne suffit pas de se cultiver, c'est-à-dire d'intégrer à sa vie des spec tacles, des connaissances ; il faut que la culture soit appréhendée à travers le libre mouvement d'une transcendance ; il faut que l'esprit avec toutes ses richesses se jette vers un ciel vide qu'il lui appartient de peupler; mats si mille liens ténus le rattachent à la terre, son élan est brisé.”