Marc's Reviews > The Darkness That Comes Before

The Darkness That Comes Before by R. Scott Bakker
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9019902
's review
Jul 30, 12

bookshelves: far-far-away
Read in May, 2012

ENG (approximative translation - some spoilers about the world, though not about the plot)
This is R.S. Bakker's first volume of his first trilogy.

I am reading it in English, which is not too difficult if you're used to reading Tolkien. The influence of the English forefather may be found in that Bakker's imagination stems from D&D campaigns, where the gamemaster he used to be coined his own homemade world to better whatever you could find on the shelves of game shops - but for Dragonlance maybe. Elves (non-men), magics, and all the character classes (from Barbarian to knight or thieve) you usually find in such universes.

The wider picture is that of a collage of different pieces os human civilisations around an inner sea which might feature the mediterranean sea. Following clear hints, one will fight scythian-like riders (or North american indians?) fighting against teutonic "christian" warriors, an Empire much like the byzantine or persian empire empire claiming lost territories from arabic and nilotic realms. Inrithism (from INRI) owes a lot to christianism, though it is semi-polytheistic, and fanims believing in the One God are dedicated to some sort of islam.More interesting perhaps is the way magics is devised: Bakker borrows cleverly their name from the Greek and some of the great hellenistic philosophical schools. The Anagogics may cast spells only using metaphoric associations, when the owner od gnosis may use the very essence of the forces they embed in their spell. And it may be thought, tough Bakker doesn't mention it, that the Psûkhê wielding blind sorcerers act through the sheer forces of the mind, whjereas the evil old Technè users knew how to engineer the living matter into deadly weapons. And last but not least comes the eerie wisdom of the Dûnyans: the Logos (in arabis, dunya means this world: the dunyans do not believe magic exists, but they do trust what comes before and after, causality as we would name it). Dunyans are sorts of... aristotelo-buddhist-like monks, deadly knowers of causes and consequences, gaining their knowledge from the space without-cause that is the darkness that comes before. Quite alike Bene Gesserit, as a matter of fact, though without their genetic knowledge.

This would remain anecdotic if Bakker hadn't a nice way to set its plots, taking his time with both events and characters. The story unfold itself slowly, and the pace may vary, as if the author took pleasure in imitating the war stories found in the epic or insisting in the inner feelings os such or such character. And this works! In this very tough, very graphic universe, far away from the tasteless pages of David Eddings, the romantic stories are a full part of the plot - which is worth a mention. The events follow from each other in a most rigorous way: no useless deus ex machina or easy exotism - such as dragon killing and virgin rescuing - and Bakker's narration, perhaps not as paranoiac as Alan Moore's, is still committed to realism, given his basci axioms - the historical state of the world and the characters who roam it.

Philosophically speaking, the reader might munch a few things about self-fulfilling prophecies, the nature of prophecy and religion, what binds human being together, the way thy are sensitive to manipulation, the causes of suffering - but not the way to remove them! -, the way to get, keep and increase power, etc. nothing of course as dense as in Franck Herbert's God Emperor of Dune, but far above what is usually found in such literary field.

Though it had been a long time I had not read anything that good in fantasy, I do regret however the way Bakker deals with women. As intelligent as they may be, they are restricted to the strict role of gorgeous whores and mothers: pure fantasies for RPG teenage male geeks - some scenes are really awful clichés. Women are emotional, indulge in lesbianism when they are given the opportunity, while men control their feelings, but for sensitive Achamian, who precisely happened to have had a male lover when he was younger...
I also regret that Bakker only succeeds in depicting a world spinning exclusively around deception and hatred. Tanith Lee Flat Earth is, in this respect, far far superior. But well, it is still a good book.

FR

Je m'essaie au texte Anglais. C'est du niveau d'un texte de Tolkien, donc sans grande difficulté pour le lecteur qui aurait déjà affront le grand ancêtre. Grand ancêtre assurément : R. Scott Bakker est nourri de Dungeons & Dragons - le monde qu'il décrit est issu des campagnes qu'il a été amené à bâtir, en bon maître de jeu dégoûté par l'indigence des scénarios commercialisés - Dragonlance excepté, peut-être, c'est à voir. On y retrouve des elfes (non-men), de la magie à profusion, et toutes les classes de personnages propres à faire une bonne campagne.

Plus largement, "The Darkness that comes before" propose un univers de collages. où les scythes (à moins que ce ne soient les Indiens des plaines) se le disputent aux guerriers teutoniques et chrétiens, aux subtilités de l'Emipre byzantin, à moins qu'il ne fût Perse, aux grands potentats arabe et à l'Egyptle nilotique - les allusions sont à peine voilées. Les religions ne sont guère plus complexes, et là où l'Inrithisme est un décalque semi-polythéiste de christianisme (cf. INRI), les fanims sont musulman et croient en un Dieu unique. La magie et ses écoles n'y échappent pas. Nourries des philosophes, elle répartit les grande traditions en écoles de magie plus ou moins puissantes ou spécialisées, sur la base de noms issus du Grec. Les Anagogiques ne peuvent lancer de sort que sur la base d'associations métaphoriques, là où les détenteurs de la Gnosis ont accès aux essence même des forces qu'ils manipulent. On peut même penser que les tenants de la Psukhè,magiciens aveugles, oeuvrent par les forces de l'esprit, tandis que les tenant de l'antique Techné savaient, monstrueusement, déformer la matière vivante pour lui donner la forme souhaitée. Et il y a même enfin l'étrange savoir des Dûnyans, le Logas (dunya, en Arabe : l'ici-bas : les dunyans ne croient pas à la magie mais à la loi de l'avant et l'après, nous dirions de la cause et de l'effet), sortes de moines... aristotélo-bouddhistes, aptes à connaître les causes et conséquences depuis le sans-cause qu'est... l'obscurité pré-venante - pour faire du Heidegger. Il ne m'étonnerait pas par ailleurs que les Dûnyans soient issus plus lointainement du Bene Gesserit, avec les soeurs duquel ils partagent bien des traits - savoir génétique mis à part.

Tout cela n'irait pas plus loin que l'anecdote, si Bakker ne savait nouer ses intrigues et prendre son temps tant avec les événements que ses personnages. La narration n'est pas toujours vive, elle est même parfois assez inégale, comme si l'auteur aimait à se faire plaisir en pastichant les récits guerriers qu'on trouve dans l'épopée, ou les remus intérieurs que les événements font sur ses personnages. Et pour une fois, cela prend ! On est bien loin des pages insipides d'Eddigns (j'ai détesté tant la Belgariade que la Mallorée). Il est vrai que, pour une fois, c'est un récit pour adulte, sombre, graphique, tourmenté et parfois... couillu. Pour une fois, les récits de séduction et de sexe ne tombent pas à plat et servent l'intrigue, c'est assez rare dans ce genre pour qu'on le note.

Les événements se suivent avec une grande rigueur : pas d'absurdes dei ex machina, pas d'exotisme - passage obligé où le héros tue une dragon, ça fait une jolie scène (le seul qui se tire bien de ce genre là est Tolkien, dont le SdA est fait_ de ce genre de passages, mais avec une telle vitalité de l'imaginaire mythopoiétique qu'on en finit par l'oublier). Non, la narration de Bakker, si elle n'a pas la rigueur paranoïde d'un Alan Moore, reste ordonnée à une exigence de plausibilité, étant données ses axiomes de base - l'état du monde et la personnalité des acteurs qu'il y fait vivre.

On trouvera pas mal à grignoter sur les prophéties auto-réalisantes, sur la nature même du prophétisme et du religieux, sur ce qui lie les hommes, sur ce qui les rend sensibles ou non à la manipulation, sur les causes de la souffrance - mais pas sur les moyens de la supprimer ! -, sur le pouvoir et le moyen de l'obtenir et de l'augmenter, etc.Rien certes d'aussi dense que chez F. Herbert, mais largement au-dessus de ce qu'on trouve ordinairement dans les littératures de l'imaginaire en général.

Je regretterai sans doute que les personnages féminins restent réduites, aussi intelligentes soient-elles, à la courtisane et à la prostituée : pas de magicienne, pas de guerrière, pas de prêtresse. Si ce sont femmes inteligentes et parfois retorses, elles n'en restent pas moins objets du fantasmes d'un amateur de récit Gros-Barbare-et-Belles-Pouliches - certaines scènes semblent parfaitement dérivées des illustrations que Conan a suscité. La femme est émotive, l'homme se contrôle plus, sauf le sensible Achamian, qui connut un amant en son adolescence - les clichés ont la vie dure. Et l'on aimerait bien encore que certains héros fussent laids.

Je regretterai aussi que Bakker ne sache peindre au fond qu'un monde de dupes et de haines. En cela, Le Dit de la Terre Plate, de Tanith Lee, dans un tout autre genre, reste supérieur, tant par l'imagination, la poésie, que la variété des émotions dépeinte. D'où mon 8, qui est un 8+, et reste tout de même... fort honorable : il y a longtemps que je n'ai pas lu quelque chose d'aussi bien en fantasy.
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