Pascal Lapointe's Reviews > The Speech: A Historic Filibuster on Corporate Greed and the Decline of Our Middle Class

The Speech by Bernie Sanders
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Aug 12, 11


Le 10 décembre 2010, le sénateur indépendant du Vermont Bernie Sanders, s’avançait à la tribune du Sénat pour un discours qui allait durer... 8 heures et demi. C’était sa façon de protester contre une entente entre le président Obama et les élus républicains, qu’il jugeait profondément inéquitable —sauf pour la petite fraction des super-riches.

Sauf que, au contraire de ces élus prennent le micro pendant des heures et lisent la bible ou l’annuaire téléphonique, Sanders a tenu un vrai discours, sur la disparition de la classe moyenne.

Je ne prétendrai pas en avoir lu chaque mot. À un moment donné, le sénateur se répète —qui ne l’aurait pas fait en 8 heures!!! Mais je suis sidéré par le fait qu’un tel sénateur existe aux États-Unis, socialiste sans l’étiquette, réélu par les Vermontais depuis deux décennies, tenant un discours plus à gauche que beaucoup de nos politiciens supposément sociaux-démocrates.

Ce qui l’irritait profondément dans cet accord, c’était l’exemption de taxe aux millionnaires et milliardaires. De ce côté, rien n’a changé depuis décembre 2010. Mais au fil de ce discours, j’apprend ou réapprend par exemple : 1% des Américains ont gagné 23% de tous les revenus aux USA, ce qui est plus que 50% des Américains; de 1980 à 2005, 80% de tous les nouveaux revenus sont allés à ce même 1%; cinq millions d’emplois manufacturiers ont été perdus pendant les années Bush; 70% de ces ex-travailleurs manufacturiers ne retrouveront jamais un tel emploi, même quand la récession sera finie; 23% des enfants américains sont dépendants de l’aide alimentaire (food stamps) contre 2,8% en Finlande et 6,8% en Suisse.

Sa conclusion, répétée encore et encore: à l’heure où les USA tentent de sortir de la récession, ce n’est pas d’une aide aux plus riches dont ce pays a besoin, puisque cette exemption ne fera qu'ajouter quelques milliards de dollars au déficit. L’urgence, c’est une aide à une classe moyenne en voie de disparition. Si on la fait travailler (investissements dans les infrastructures, notamment les ponts qui, là-bas aussi, commencent à tomber), si on lui vient en aide en n’ajoutant pas au déficit, ou si on desserre sa laisse (démanteler ces banques devenues « too big to fail » dont certaines imposent des taux d’intérêt usuraires et font des profits mirobolants), cela aura bien plus de chances de relancer l’économie, que les milliardaires à eux tout seuls.

Rien de nouveau là, direz-vous: j'écris ceci en août 2011, et la situation vient d'empirer. Mais ça fait du bien de lire que, parfois, le gros bon sens existe aussi dans la tête d’un politicien.
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