Nicolas's Reviews > Le Trône d'ébène: Naissance, vie et mort de Chaka, roi des Zoulous

Le Trône d'ébène by Thomas Day
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1156136
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Jul 03, 10

bookshelves: rayon-fantasy-et-sf, uchronie, afrique, histoire, favorites
Read from June 28 to July 02, 2010

Curieusement, je ne sais même pas par où commencer.
Bon, je vais essayer de faire simple et faire un rapide résumé.
Ce roman raconte la jeunesse, la vie et la mort de Chaka Zoulou. Il fut gardien de chèvres, guerrier, roi et empereur avant de finir trahi par ses proches, mais dans la mémoire de tous pour l'éternité.
Chaka Zoulou est aussi un personnage historique, ce qui fait de ce récit une espèce de biographie romancée, avec quelques élements d'authentique fantasy. C'est loin d'être anodin, car Thomas Day utilise avec brio l'Histoire comme support à son histoire. Il l'utilise comme matériau de base, mais n'hésite pas à la déformer au besoin, faisant sienne cette phrase d'Alexandre Dumas (que j'ai toujours beaucoup aimé - la phrase) "On peut violer l'Histoire, à condition de lui faire de beaux enfants". Et l'enfant est beau, dès le début.
Evidement, je ne suis pas impartial, et je pense que certaines des raisons qui font que j'ai apprécié ce roman tiennent à mon histoire de lecteur. En effet, quand j'ai commencé cette lecture, j'ai immédiatement commencé par penser à ... Kirinyaga (évidement, c'est un peu mon livre de référence concernant l'Afrique imaginaire). Mais rapidement, j'ai compris que je n'étais pas dans un monde maintenant ses traditions, mais plutôt dans un monde en mutation. Une mutation qui n'est d'ailleurs liée à rien d'autre qu'à un guerrier, égal de Conan ou d'Alexandre le Grand (ça, c'est un des personnages - sans doute ayant réellement existé). L'autre raison évidente qui me fait apprécier cette oeuvre, c'est que l'auteur n'essaye pas vraiment de rentrer dans la tête de son héros. C'est-à-dire qu'il n'y a aucune espèce d'introspection dans ce récit. On suit les discussions de Chaka avec ses proches, ses ennemis ou même ses dieux (des discussions qui sont sans doute imaginaires pour la plupart). Mais jamais l'auteur n'essaye d'imaginer ce qui se passe dans la tête de Chaka. Ca change très agréablement d'une certaine littérature ...
J'ai parlé des dieux de Shaka, et je pense qu'ils sont une des raisons qui m'ont fait apprécier ce roman. Enfin, pas les dieux en tant que tels, mais plutôt ce qu'ils représentent : une vision de l'Afrique avant la colonisation. Vous savez, un de univers où la magie existe, mais où on ne va pas non plus en faire un plat. Un monde où le féticheur et ses incantations ont autant de réalité que le sable du désert. Thomas Day, je trouve, arrive à donner à cette vision chamanique du monde une réalité indiscutable, qui fait tout le charme de l'histoire. Regardez donc Chaka se battre contre Ananzi (oui, l'araignée de Neil Gaiman se balade ici sous sa forme la plus traditionnelle ...) ! C'est d'ailleurs peut-être dans cette scène qu'on comprend à quel point l'auteur utilise les recettes de l'écriture moderne pour nous plonger authentiquement dans le temps du mythe pré-historique.
Evidement, dans un tel monde de légende, le ghéros ne peut qu'être beaucoup plus grand que nature. On s'attend donc à ce que Chaka soit fort. Il l'est. On s'attend à ce qu'il soit rusé. Il l'est. Et c'est dans le reste, dans ses caractéristiques non héroïques qu'il est le plus surprenant : son espèce de façon désinvolte d'empaler, ses relations parfaitement oedipiennes avec ses parents, et sa relation à son propre mythe en cours d'édification. Tout ça concourt à faire de ce personnage un authentique héros, mais aussi un authentique humain. Une vision africaine d'Hercule, en quelque sorte. Qui plus est, il n'est pas le seul personnage intéressant. Même son père, qui est pourtant l'un des personnages les plus flous de cette histoire, a une réalité indéniable.
Tout ça, ce décor, ces personnages, et même la description de la vie de Chaka, ne tient bien sûr que par la grâce de la plume de l'auteur. Et pour ça, je vous renverrai sans hésiter à mes précédentes chroniques. Je savais déja, depuis La voie du sabre ou L'instinct de l équarisseur, qu'il était un écrivain de l'épique. Je sais aussi maintenant (enfin, je le savais déja, mais là, il le fait peut-être mieux encore) qu'il sait mettre un fin à cette démesure de la façon qui convient : avec discrétion.
J'imagine que vous aurez compris, suite à cette avalanche de bons points, que j'ai apprécié ce roman. Et je ne vous détromperai pas. J'ai vraiment été plongé dans le royaume des zoulous. Et je ne peux que vous conseiller d'aller le visiter avec cet excellent guide.
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Reading Progress

07/01/2010 page 100
32.0% "Rholala, qu'est-ce que c'est bien ! Pour donner une vague idée, c'est comme si Kirnyaga rencontrait Wesley Snipes. Et encore, c'est qu'un très vague aperçu du machin."

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