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La huitième fille (Les annales du Disque-Monde, #3)
by Terry Pratchett
by Terry Pratchett
Les annales du Disque-Monde constituent l’œuvre majeure de l’anglais Terry Pratchett, qui y a gagné ses galons d’humoriste reconnu et vénéré. Avec plus de 30 volumes au compteur, voilà une série qui a séduit bien des lecteurs et suscité un enthousiasme sans cesse renouvelé. Un monde plat et rond, porté par quatre éléphants eux-mêmes juchés sur la carapace d’une énorme tortue. Tout ça a de quoi surprendre. Sur ce gigantesque disque, un univers inspiré des romans de fantasy, peuplé de dieux, sorciers, brigands, monstres, assureurs, etc. qui constituent un petit monde hétéroclite, bigarré et complètement frappé. Car le Disque-Monde est avant tout une gigantesque farce, parodie lancée à la face du monde, qui n’épargne rien ni personne.
Le mage Tambour Billette est aux portes de la mort. Avant son dernier soupir, il cherche un successeur à qui transmettre ses dons : le huitième fils d’un huitième fils, comme l’exige la tradition séculaire. Or, il se trouve que dans le charmant petit village de Trou d’Ucques, où se trouve le mage actuellement, le huitième fils du forgeron - lui-même dernier enfant d’une famille de huit – est sur le point de naître. Catastrophe ! L’enfant est de sexe féminin et le pouvoir lui a été transféré ! Une femme mage ? On n’a jamais vu pareille incongruité sur le Disque-Monde… Mémé Ciredutemps, sorcière du charmant patelin, va se charger de forcer les portes de l’Université Invisible pour la petite Eskarina.
Comme le suggère explicitement le jeu de mot du titre en v.o., « Equal Rites », Terry dirige son artillerie comique vers les relations hommes-femmes. La paillarde Mémé Ciredutemps, fer de lance d’un féminisme balbutiant sur le Disque, tente de faire accepter Eskarina, neuf ans, comme premier mage femelle. Il va de soit que mage est typiquement une profession d’homme, à l’instar de médecin, maire ou pompier, et que les sorcières (« un métier très respectable ») tiennent à peu près la même place que les infirmières ou les sages-femmes. Ce présent volume des annales du Disque-Monde nous offre donc un délicieux cocktail de misogynie rampante et de stéréotypes sexuels auquel vient s’ajouter une vision au papier de verre des universitaires. En effet le bon sens campagnard de Mémé se heurte de plein fouet à l’archétype du professeur bouffi d’orgueil et puant de prétention, du chercheur plongé dans ses concepts mais incapable de s’asseoir proprement sur des toilettes. L’Université Invisible, lieu d’apprentissage de tous les mages, est une version au vitriol de nos bonnes vieilles facultés rutilantes et fières. On se prend tout de même à regretter que Pratchett ne soit pas allé un peu plus loin dans la satire, l’occasion était vraiment belle.
Extraits :
« Il avait bien essayé de lui faire comprendre par des allusions qu’elle devait obéir aux règles tacites de la vie zoïde et rester à bord, mais une allusion n’avait pas plus d’effet sur Esk qu’une piqûre de moustique sur un rhinocéros moyen : si l’on ignore les règles, apprenait-elle déjà, la moitié du temps elles se réécrivent tranquillement pour cesser de vous concerner. »
Le mage Tambour Billette est aux portes de la mort. Avant son dernier soupir, il cherche un successeur à qui transmettre ses dons : le huitième fils d’un huitième fils, comme l’exige la tradition séculaire. Or, il se trouve que dans le charmant petit village de Trou d’Ucques, où se trouve le mage actuellement, le huitième fils du forgeron - lui-même dernier enfant d’une famille de huit – est sur le point de naître. Catastrophe ! L’enfant est de sexe féminin et le pouvoir lui a été transféré ! Une femme mage ? On n’a jamais vu pareille incongruité sur le Disque-Monde… Mémé Ciredutemps, sorcière du charmant patelin, va se charger de forcer les portes de l’Université Invisible pour la petite Eskarina.
Comme le suggère explicitement le jeu de mot du titre en v.o., « Equal Rites », Terry dirige son artillerie comique vers les relations hommes-femmes. La paillarde Mémé Ciredutemps, fer de lance d’un féminisme balbutiant sur le Disque, tente de faire accepter Eskarina, neuf ans, comme premier mage femelle. Il va de soit que mage est typiquement une profession d’homme, à l’instar de médecin, maire ou pompier, et que les sorcières (« un métier très respectable ») tiennent à peu près la même place que les infirmières ou les sages-femmes. Ce présent volume des annales du Disque-Monde nous offre donc un délicieux cocktail de misogynie rampante et de stéréotypes sexuels auquel vient s’ajouter une vision au papier de verre des universitaires. En effet le bon sens campagnard de Mémé se heurte de plein fouet à l’archétype du professeur bouffi d’orgueil et puant de prétention, du chercheur plongé dans ses concepts mais incapable de s’asseoir proprement sur des toilettes. L’Université Invisible, lieu d’apprentissage de tous les mages, est une version au vitriol de nos bonnes vieilles facultés rutilantes et fières. On se prend tout de même à regretter que Pratchett ne soit pas allé un peu plus loin dans la satire, l’occasion était vraiment belle.
Extraits :
« Il avait bien essayé de lui faire comprendre par des allusions qu’elle devait obéir aux règles tacites de la vie zoïde et rester à bord, mais une allusion n’avait pas plus d’effet sur Esk qu’une piqûre de moustique sur un rhinocéros moyen : si l’on ignore les règles, apprenait-elle déjà, la moitié du temps elles se réécrivent tranquillement pour cesser de vous concerner. »
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