Derrière un titre fumeux voire stupide, ayant peu de rapport avec le livre et aucun avec le titre d’origine, se cache un livre révoltant, réaliste, pa...moreDerrière un titre fumeux voire stupide, ayant peu de rapport avec le livre et aucun avec le titre d’origine, se cache un livre révoltant, réaliste, passionnant et cruel. Rien que ça messieurs dames ! J’ai tout de suite accroché au style de l’auteur, tout à fait dans le ton du livre. On nous décrit une société dure, superficielle, dirigée par l’argent, les apparences, le pouvoir, où la relation dominé-dominant est la base de son fonctionnement. Le personnage de La Poupée, au surnom révélateur, est l’emblème de cette société aveuglée, corrompue, et manipulée. La Poupée, danseuse nue, femme-objet, victime des apparences, et adepte des marques de luxe, se retrouve prise au piège de cette société en proie aux grandes peurs de son époque : le terrorisme. La Poupée, chose fragile et innocente, va se rendre compte d’une autre réalité, et fera office de bouc émissaire. Son destin est désormais scellé, ce dont elle prendre vite conscience. Le roman est profondément pessimiste et fataliste, le public est manipulé par les médias, eux-mêmes manipulés par les dirigeants, un cercle vicieux se forme autour de La Poupée qui se rend compte que sa propre vision du monde est complètement faussée. Le réalisme et la vérité du propos rendent le livre révoltant, son injustice inévitable me rappelle 1984 d’Orwell. On termine la lecture bouleversé par cette femme à la fois anonyme et universelle, sacrifiée par les médias, sans espoir de voir la vérité éclatée. Elle restera celle que l’on a voulu qu’elle soit, un outil pour apaiser une opinion publique manipulée en permanence. Roman terrible, glauque, réaliste.(less)
J’ai découvert Somoza avec La théorie des cordes, puis avec La Dame no 13. L’auteur ne cachait déjà pas une bonne part de folie et de génie. Pour un a...moreJ’ai découvert Somoza avec La théorie des cordes, puis avec La Dame no 13. L’auteur ne cachait déjà pas une bonne part de folie et de génie. Pour un ancien psychiatre on ne pouvait espérer moins. Avec Clara et la pénombre, il propose à nouveau un univers bien particulier, raffiné, un style délicieux, qu’il met au service de propos abominables. Car si l’on se penche sur le fond, à savoir une forme d’art qui implique la soumission physique et mentale d’êtres humains, il y a de quoi frémir. Somoza invente l’art hyperdramatique pour le plus grand plaisir du lecteur, il tisse autour de cette forme d’art tout un réseau très réaliste de réflexions et tout nous paraît d’une crédibilité imparable. Le milieu du marché l’art est particulièrement bien vu, et la vision artistique et picturale magnifiquement retranscrite. Somoza a réussi à peindre un roman fascinant, à l’instar de ses personnages qui peignent des humains sur plusieurs plans. On oscille entre un monde réaliste et un monde où certains tabous seraient tombés, cet écart subtil illustre l’adresse et le génie de Somoza à raconter dans un langage magnifique des choses que lui seul pouvait imaginer.(less)
J’ai eu du mal à choisir ma lecture après avoir lu Clara et la pénombre, j’ai donc fait simple en ne prenant pas de risque, et en lisant un autre Somo...moreJ’ai eu du mal à choisir ma lecture après avoir lu Clara et la pénombre, j’ai donc fait simple en ne prenant pas de risque, et en lisant un autre Somoza. Cette fois il nous expédie à Athènes, où l’on croise un Hercule Poirot antique et Platon, rien de moins. Tout commence par la mort d’un éphèbe, et l’inquiétude de son mentor qui s’interroge sur les derniers jours de son jeune élève. Il fait appel aux services d’Héraclés Pontor (ahah !), Déchiffreur d’énigmes, un homme sympathique mais peu enclin aux émotions et fervent adepte de la Raison et de la Logique. L’enquête est parsemée de notes de bas de page, toutes de la main du traducteur qui travaille sur La caverne des idées. Il nous fait part de ses réflexions, nombreuses, sur ce texte qu’il soupçonne de dissimuler un autre sens par le biais d’un procédé littéraire inventé par les auteurs grecs nommé éidésis, (imaginé pour la circonstance par ce petit plaisantin de Somoza). Le traducteur ne tarde pas à être obsédé par ce qu’il imagine être la clé du récit, et dérange parfois le lecteur avec ses élucubrations. La construction du récit est originale et risquée, mais on est vite pris par le délire apparent du traducteur et on finit par rentrer dans son jeu. L’enquête d’Héraclès d’un côté, les interventions du traducteur de l’autre, tout s’imbrique sur plusieurs niveaux, jusqu’à la résolution de ce qui, malgré un fond philosophique assez profond, est une véritable enquête policière. Mais que dire de la conclusion du traducteur ? A-t-il trouvé la clé ? Trop en dire sur ce roman (encore) hors norme de Somoza serait criminel.(less)
Avec un titre superbe et mystérieux, ce roman se présentait sous les meilleurs auspices. Belle écriture, contexte intéressant, personnages classiques....moreAvec un titre superbe et mystérieux, ce roman se présentait sous les meilleurs auspices. Belle écriture, contexte intéressant, personnages classiques. Un mercenaire éduqué et instruit est amené à conclure un pacte avec Lucifer. Ce dernier souhaite retrouver sa place au Paradis et demande au héros de trouver le Graal, afin d'éradiquer la douleur du monde. Notre mercenaire, qui souhaite également récupérer son âme au passage, entame donc une quête improbable. Et c'est là que les choses changent. Ce que je déteste dans la fantasy, ce sont les quêtes stupides, aller d'un point A à un point Z, en passant par toutes les lettres de l'alphabet en ligne droite, sans surprises ni coups de théâtre, ni imprévus. Je n'ai pas compté le nombre de fois où le héros se présente comme étant "en mission pour trouver la Graal et éliminer la douleur du monde". Il doit le dire à peu à près à tous les interlocuteurs qui croisent sa route, à chaque arrêt qu'un précédent personnage lui a indiqué. Bref, la chose s'est vite révélée pénible et ras les pâquerettes. J'ai abandonné Ulrich von Bek à un tiers environ du dénouement, que j'ai survolé histoire de confirmer mon impression. Je ne regrette pas d'avoir essayé, et encore moins d'être passée à autre chose de plus élaboré.(less)
Rien ne va plus à Panem, les destins de Katniss, Peeta et Gale sont des plus incertains. Leurs vies sont encore et toujours le centre d’intérêt du pay...moreRien ne va plus à Panem, les destins de Katniss, Peeta et Gale sont des plus incertains. Leurs vies sont encore et toujours le centre d’intérêt du pays et la révolte gronde. Katniss doit gérer ses deux prétendants et l’image qu’elle doit renvoyer aux districts. Devenue l’emblème de la révolte, la jeune fille continue d’encaisser les coups durs. L’auteur insiste sur l’importance des media, et leur rôle est si prépondérant dans la société que la téléréalité se mêle au cours de l’Histoire, car non seulement tout est filmé de manière à nourrir la propagande, mais tout est calculé, mis en scène. Là encore, notre jeune héroïne est mise à rude épreuve, l’histoire d’amour compliquée aura pu rester mièvre mais elle s’intègre parfaitement à l’intrigue et prend tout son sens au fil de l’histoire. Katniss se révèle de plus en plus humaine, rongée par la culpabilité, la peur de mettre ses proches en danger, et un choix amoureux impossible. Ce dernier volume est mené tambour battant, le rythme est plus que soutenu et nous mène à un dénouement magnifique et intense. Une excellente trilogie jeunesse exempte de mièvrerie et redoutablement efficace. Vivement le film !(less)
Si le premier volume était prometteur, la suite dépasse mes espérances. Les personnages sont bien en place, leurs péripéties fascinent et hypnotisent,...moreSi le premier volume était prometteur, la suite dépasse mes espérances. Les personnages sont bien en place, leurs péripéties fascinent et hypnotisent, on a vraiment hâte de voir comment tout cela va évoluer (ou dégénérer). Le personnage de Katniss (entre autres) prend de l’épaisseur, de jeune fille assez dure habituée à dissimuler ses émotions, on la découvre défaillante avec une forte émotivité, qu’elle exprime de plus en plus. J’ai craint une répétition avec les Quarter Quell mais non, la chose est bien traitée et on avance dans l’histoire sans avoir l’impression de relire la même chose. Un final qui vaut son pesant de cacahouètes.(less)
Un signal propagé par les téléphones portables provoque la folie et le chaos. Les premières victimes étaient en ligne au moment de « l’impulsion » et ...moreUn signal propagé par les téléphones portables provoque la folie et le chaos. Les premières victimes étaient en ligne au moment de « l’impulsion » et s’adonnent subitement à des excès de violence et d’agressivité souvent fatales pour leur prochain, et pour elles-mêmes. Un point de départ à une histoire post-apocalyptique bien menée, qui nous dépeint une Humanité contaminée par un étrange virus que les geeks apprécieront. L’interprétation est un peu alambiquée, mais passe assez bien. Le héros traditionnel avec une quête à accomplir évolue dans un monde victime de la technologie. Un très bon roman de fin du monde bien prenant, avec son lot d’angoisse, de brutalité, de lutte pour la survie, et sa dose de morts, même parmi les principaux protagonistes. Car King n’a pas de pitié.(less)