**spoiler alert** "Fubuki, elle, n'était ni Diable ni Dieu: c'était une Japonaise.
Toutes les Nippones ne sont pas belles. Mais quand l'une d'entre ell...more**spoiler alert** "Fubuki, elle, n'était ni Diable ni Dieu: c'était une Japonaise.
Toutes les Nippones ne sont pas belles. Mais quand l'une d'entre elles se met à être belle, les autres n'ont qu'à bien se tenir.
Toute beauté est poignante, mais la beauté japonaise est plus poignante encore. D'abord, parce que ce teint de lys, ces yeux suaves, ce nez aux ailes inimitables, ces lèvres aux contours si dessinés, cette douceur compliquée des traits ont déjà de quoi éclipser les visages les plus réussis.
Ensuite, parce que ses manières la stylisent et font d'elle une oeuvre d'art inaccessible à l'entendement.
Enfin et surtout parce qu'une beauté qui a résisté à tant de corsets physiques et mentaux, à tant de contraintes, d'écrasements, d'interdits absurdes, de dogmes, d'asphyxie, de désolations, de sadisme, de conspiration du silence et d'humiliation - une telle beauté, donc, est un miracle d'héroïsme.
Non que la Nippone soit une victime, loin de là. Parmi les femmes de la planète, elle n'est vraiment pas la plus mal lotie. Son pouvoir est considérable: je suis bien placée pour le savoir.
Non: s'il faut admirer la Japonaise - et il le faut -, c'est parce qu'elle ne se suicide pas. On conspire contre son idéal depuis sa plus tendre enfance. On lui coule du plâtre à l'intérieur du cerveau: "Si à vingt-cinq ans tu n'es pas mariée, tu auras de bonnes raisons d'avoir honte", "si tu ris, tu ne seras pas distinguée", "si ton visage exprime un sentiment, tu es vulgaire", "si tu mentionnes l'existence d'un poil sur ton corps, tu es immonde", "si un garçon t'embrasse sur la joue en public, tu es une putain", "si tu manges avec plaisir, tu es une truie", "si tu éprouves du plaisir à dormir, tu es une vache", etc. Ces préceptes seraient anecdotiques s'ils ne s'en prenaient pas à l'esprit.
Car, en fin de compte, ce qui est assené à la Nippone à travers ces dogmes incongrus, c'est qu'il ne fait rien espérer de beau. N'espère pas jouir car ton plaisir t'anéantirait. N'espère pas être amoureuse, car tu n'en vaux pas la peine: ceux qui t'aimeraient t'aimeraient pour tes mirages, jamais pour ta vérité. N'espère pas que la vie t'apporte quoi que ce soit, car chaque année qui passera t'enlèvera quelque chose. N'espère pas même une chose aussi simple que le calme, car tu n'as aucune raison d'être tranquille.
Espère travailler. Il y a peu de chances, vu ton sexe, que tu t'élèves beaucoup, mais espère servir ton entreprise. Travailler te fera gagner de l'argent, dont tu ne retireras aucune joie mais dont tu pourras éventuellement te prévaloir, par exemple en cas de mariage - car tu ne seras pas assez sotte pour supposer que l'on puisse vouloir de toi pour ta valeur intrinsèque.
A part cela, tu peux espérer vivre vieille, ce qui n'a pourtant aucun intérêt, et ne pas connaître le déshonneur, ce qui une fin en soi. Là s'arrête la liste de tes espoirs licites.
Ici commence l'interminable théorie de tes devoirs stériles. Tu devras être irréprochable, pour cette seule raison que c'est la moindre des choses. Etre irréprochable ne t'apportera rien d'autre que d'être irréprochable, ce qui n'est ni une fierté ni encore moins une volupté.
Je ne pourrai jamais énumérer tous tes devoirs, car il n'y a pas une minute de ta vie qui ne soit régentée par l'un d'entre eux. Par exemple, même quand tu seras isolée aux toilettes pour l'humble besoin de soulager ta vessie, tu auras l'obligation de veiller à ce que personne ne puisse entendre la chansonnette de ton ruisseau: tu devras donc tirer la chasse sans trêve.
Je cite ce cas pour que tu comprennes ceci: si même des domaines aussi intimes et insignifiants de ton existence sont soumis à un commandement, songe, a fortiori, à l'ampleur des contraintes qui pèseront sur les moments essentiels de ta vie.
Tu as faim? Mange à peine, car tu dois rester mince, non pas pour le plaisir de voir les gens se retourner sur ta silhouette dans la rue - ils ne le feront pas -, mais parce qu'il est honteux d'avoir des rondeurs.
Tu as pour devoir d'être belle. Si tu y parviens, ta beauté ne te vaudra aucune volupté. Les uniques compliments que tu recevrais émaneraient d'Occidentaux, et nous savons combien ils sont dénués de bon goût. Si tu admires ta propre joliesse dans le miroir, que ce soit dans la peur et non dans le plaisir: car ta beauté ne t'apportera rien d'autre que la terreur de la perdre. Si tu es une belle fille, tu ne seras pas grand chose; si tu n'es pas une belle fille, tu seras moins que rien.
Tu as pour devoir de te marier, de préférence avant tes vingt-cinq ans qu seront ta date de péremption. Ton mari ne te donnera pas d'amour, sauf si c'est un demeuré, et il n'y a pas de bonheur ) être aimée d'un demeuré. De toute façon, qu'il t'aime ou non, tu ne le verras pas. A deux heures du matin, un homme épuisé et souvent ivre te rejoindra pour s'effondrer sur le lit conjugal, qu'il quittera à six heures sans t'avoir dit un mot.
Tu as pour devoir d'avoir des enfant que tu traiteras comme des divinités jusqu'à leurs trois ans, âge où, d'un coup sec, tu les expulseras du paradis pour les inscrire au service militaire, qui durera de trois à dix-huit ans puis de vingt-cinq ans à leur mort. Tu es obligée de mettre au monde des êtres qui seront d'autant plus malheureux que leurs trois premières années de vie leur auront inculqué la notion du bonheur.
Tu trouves ça horrible? Tu n'es pas la première à le penser. Tes semblables le pensent depuis 1960. Tu vois bien que cela n'a servi à rien. Nombre d'entre elles se sont révoltées et tu te révolteras peut-être pendant la seule période libre de ta vie, entre dix-huit et vingt-cinq ans. Mais à vingt-cinq ans, tu t'apercevras soudain que tu n'es pas mariée et tu auras honte. Tu quitteras ta tenue excentrique pour un tailleur propret, des collants blancs et des escarpins grotesques, tu soumettras ta splendide chevelure lisse à un brushing désolant et tu seras soulagée si quelqu'un - mari ou employeur - veut de toi.
Pour le cas très improbable où tu ferais un mariage d'amour, tu seras encore plus malheureuse, car tu verrais ton mari souffrir. Mieux vaut que tu ne l'aimes pas: cela te permettra d'être indifférente au naufrage de ses idéaux, car ton mari en a encore, lui. Par exemple, on lui a laissé espérer qu'il serait aimé d'une femme. Il verra vite, pourtant, que tu ne l'aimes pas. Comment pourrais-tu aimer quelqu'un avec le plâtre qui t'immobilise le coeur? On t'a imposé trop de calculs pour que tu puisses aimer. Si tu aimes quelqu'un, c'est qu'on t'a mal éduquée. Les premiers jours de tes noces, tu simuleras toutes sortes de choses. Il faut reconnaître qu'aucune femme ne simule avec ton talent.
Ton devoir est de te sacrifier pour autrui. Cependant, n'imagine pas que ton sacrifice rendra heureux ceux auxquels tu le dédieras. Cela leur permettra de ne pas rougir de toi. Tu n'as aucune chance ni d'être heureuse ne de rendre heureux.
Et si par extraordinaire ton destin échappait à l'une de ces prescriptions, n'en déduis surtout pas que tu as triomphé: déduis-en que tu te trompes. D'ailleurs, tu t'en rendra compte très vite, car l'illusion de ta victoire ne peut être que provisoire. Et ne jouis pas de l'instant: laisse cette erreur de calcul aux Occidentaux. L'instant n'est rien, ta vie n'est rien. Aucune durée ne compte qui soit inférieure à dix mille ans.
Si cela peut te consoler, personne ne te considère comme moins intelligente que l'homme. Tu es brillante, cela saute aux yeux de tous, y compris de ceux qui te traitent si bassement. Pourtant, à y réfléchir, trouves-tu cela si consolant? Au moins si l'on te pensait inférieure, ton enfer serait explicable et tu pourrais en sortir en démontrant, conformément aux préceptes de la logique, l'excellence de ton cerveau. Or, on te sait égale, voire supérieure: ta géhenne est donc absurde, ce qui signifie qu'il n'y a pas d'itinéraire pour la quitter.
Si: il y en a un. Un seul mais auquel tu as parfaitement droit, sauf si tu as commis la sottise de te convertir au christianisme: tu as la droit de te suicider. Au Japon, nous savons que c'est un acte de grand honneur. N'imagine surtout pas que l'au-delà est l'un de ces paradis joviaux décrits par les sympathiques Occidentaux. De l'autre côté, il n' y a rien de si formidable. En compensation, pense à ce qui en vaut la peine: ta réputation posthume. Si tu te suicides, elle sera éclatante et fera la fierté de tes proches. Tu auras une place de choix dans le caveau familial: c'est là le plus haut espoir qu'un humain puisse nourrir.
Certes, tu ne peux pas te suicider. Mais alors, tôt ou tard, tu ne tiendras plus et tu verseras dans un déshonneur quelconque: tu prendras un amant, ou tu t'adonneras à la goinfrerie, ou tu deviendras paresseuse - va-t'en savoir. Nous avons observé que les humains en général, et les femmes en particulier, ont du mal à vivre longtemps sans sombrer dans l'un de ces travers liés au plaisir charnel. Si nous nous méfions de ce dernier, ce n'est pas par puritanisme: loin de nous cette obsession américaine.
En vérité, il vaut mieux éviter la volupté parce ce qu'elle fait transpirer. Il n'y a pas plus honteux que la sueur. Si tu manges à grandes bouchées ton bol de nouilles brûlantes, si tu te livres à la rage du sexe, si tu passes ton hiver à somnoler près du poêle, tu sueras. Et plus personne ne doutera de ta vulgarité.
Entre le suicide et la transpiration, n'hésite pas. Verser son sang est aussi admirable que verser sa sueur est innommable. Si tu te donnes la mort, tu ne transpireras plus jamais et ton angoisse sera finie pour l'éternité.
Je ne pense pas que le sort du Japonais soit beaucoup plus enviable. Dans les faits, je pense même le contraire. La Nippone, elle, a au moins la possibilité de quitter l'enfer de l'entreprise en se mariant. Et ne pas travailler dans une compagnie japonaise me paraît une fin en soi.
Mais le Nippon, lui, n'est pas un asphyxié. On n'a pas détruit en lui, dès son plus jeune âge, toute trace d'idéal. Il possède l'un des droits humain les plus fondamentaux: celui de rêver d'espérer. Et il ne s'en prive pas. Il imagine des mondes chimériques où il est maître et libre.
La Japonaise n'a pas ce recours, si elle est bien éduquée - et c'est le cas de la majorité d'entre elles. On l'a pour ainsi dire amputée de cette faculté essentielle. C'est pourquoi je proclame ma profonde admiration pour toute Nippone qui ne s'est pas suicidée. De sa part, rester en vie est un acte de résistance d'un courage aussi désintéressé que sublime."
**spoiler alert** " 'Izmir kizlarinin güzel olduklarini zannetmemizin nedeni, Izmir'deki kadin-erkek iliskilerinin Türkiye geneline göre daha normal o...more**spoiler alert** " 'Izmir kizlarinin güzel olduklarini zannetmemizin nedeni, Izmir'deki kadin-erkek iliskilerinin Türkiye geneline göre daha normal olmasidir. Yani Izmir kizlari iletisim kurmasini bildiklerinden bize fiziksel olarak daha güzel görünürler.' Hâlâ arkasindayim sözlerimin: Izmir'de kadinlarin kadinliklarini özgürce yasamasinin, onlarin güzelligine ciddi katki sagladigini düsünürüm çünkü. Bir kadini güzel kilan en önemli unsurlardan biri, kadinligini doya doya yasayabiliyor olmasidir. Yoksa Dogu Anadolu sokaklarinda da nefes kesen gözler çikar bazen karsimiza. Ama siz ne oldugunu anlayamadan gölgelerin içinde yitip gider hep. Cünkü kadinligiyla arasina dinin, törelerin ve yazginin kalin duvarlari girmistir o gözlerin. Kadin olarak dogdugu için ölene dek özür dilemeye mahkûm edilmistir." A.Ş.K Neyin Kısaltması? - Tuna Kiremitçi (less)
"Certes, il y aura toujours des gens pour dire que le bien et le mal n'existent pas: ce sont ceux qui n'ont jamais eu affaire au vrai mal. Le bien est...more"Certes, il y aura toujours des gens pour dire que le bien et le mal n'existent pas: ce sont ceux qui n'ont jamais eu affaire au vrai mal. Le bien est beaucoup moins convaincant que le mal: c'est parce que leur structure chimique est différente. Comme l'or, le bien ne se rencontre jamais à l'état pur dans la nature: il est donc normal de ne pas le trouver impressionnant. Il a la fâcheuse habitude de ne rien faire; il préfère se donner en spectacle. Le mal, lui, s'apparente à un gaz: il n'est pas facile à voir, mais il est repérable à l'odeur. Il est le plus souvent stagnant, réparti en nappe étouffante; on le croit d'abord inoffensif à cause de son aspect - et puis on le voit à l'oeuvre, on se rend compte du terrain qu'il a gagné, du travail qu'il a accompli - et on est terrassé parce que, à ce moment-là, il est déjà trop tard. Le gaz, ça ne s'expulse pas. Je lis dans le dictionnaire: "Propriétés des gaz: expansibilité, élasticité, compressibilité, pesanteur." On jurerait une description du mal." Les Catilinaires - Amélie Nothomb(less)
**spoiler alert** "Everything belonged to him—but that was a trifle. The thing was to know what he belonged to, how many powers of darkness claimed hi...more**spoiler alert** "Everything belonged to him—but that was a trifle. The thing was to know what he belonged to, how many powers of darkness claimed him for their own. That was the reflection that made you creepy all over. It was impossible—it was not good for one either—trying to imagine. He had taken a high seat amongst the devils of the land—I mean literally. You can’t understand. How could you?—with solid pavement under your feet, surrounded by kind neighbours ready to cheer you or to fall on you, stepping delicately between the butcher and the policeman, in the holy terror of scandal and gallows and lunatic asylums—how can you imagine what particular region of the first ages a man’s untrammelled feet may take him into by the way of solitude—utter solitude without a policeman—by the way of silence—utter silence, where no warning voice of a kind neighbour can be heard whispering of public opinion? These little things make all the great difference. When they are gone you must fall back upon your own innate strength, upon your own capacity for faithfulness. Of course you may be too much of a fool to go wrong—too dull even to know you are being assaulted by the powers of darkness. I take it, no fool ever made a bargain for his soul with the devil; the fool is too much of a fool, or the devil too much of a devil—I don’t know which. Or you may be such a thunderingly exalted creature as to be altogether deaf and blind to anything but heavenly sights and sounds. Then the earth for you is only a standing place—and whether to be like this is your loss or your gain I won’t pretend to say. But most of us are neither one nor the other. The earth for us is a place to live in, where we must put up with sights, with sounds, with smells, too, by Jove!—breathe dead hippo, so to speak, and not be contaminated. And there, don’t you see? Your strength comes in, the faith in your ability for the digging of unostentatious holes to bury the stuff in—your power of devotion, not to yourself, but to an obscure, back-breaking business. And that’s difficult enough. Mind, I am not trying to excuse or even explain—I am trying to account to myself for—for—Mr. Kurtz—for the shade of Mr. Kurtz. This initiated wraith from the back of Nowhere honoured me with its amazing confidence before it vanished altogether. This was because it could speak English to me. The original Kurtz had been educated partly in England, and—as he was good enough to say himself—his sympathies were in the right place. His mother was half-English, his father was half-French. All Europe contributed to the making of Kurtz; and by and by I learned that, most appropriately, the International Society for the Suppression of Savage Customs had intrusted him with the making of a report, for its future guidance. And he had written it, too. I’ve seen it. I’ve read it. It was eloquent, vibrating with eloquence, but too high-strung, I think. Seventeen pages of close writing he had found time for! But this must have been before his—let us say—nerves, went wrong, and caused him to preside at certain midnight dances ending with unspeakable rites, which—as far as I reluctantly gathered from what I heard at various times—were offered up to him—do you understand?—to Mr. Kurtz himself. But it was a beautiful piece of writing. The opening paragraph, however, in the light of later information, strikes me now as ominous. He began with the argument that we whites, from the point of development we had arrived at, ‘must necessarily appear to them [savages] in the nature of supernatural beings—we approach them with the might of a deity,’ and so on, and so on. ‘By the simple exercise of our will we can exert a power for good practically unbounded,’ etc., etc. From that point he soared and took me with him. The peroration was magnificent, though difficult to remember, you know. It gave me the notion of an exotic Immensity ruled by an august Benevolence. It made me tingle with enthusiasm. This was the unbounded power of eloquence—of words—of burning noble words. There were no practical hints to interrupt the magic current of phrases, unless a kind of note at the foot of the last page, scrawled evidently much later, in an unsteady hand, may be regarded as the exposition of a method. It was very simple, and at the end of that moving appeal to every altruistic sentiment it blazed at you, luminous and terrifying, like a flash of lightning in a serene sky: ‘Exterminate all the brutes!’ The curious part was that he had apparently forgotten all about that valuable postscriptum, because, later on, when he in a sense came to himself, he repeatedly entreated me to take good care of ‘my pamphlet’ (he called it), as it was sure to have in the future a good influence upon his career. I had full information about all these things, and, besides, as it turned out, I was to have the care of his memory. I’ve done enough for it to give me the indisputable right to lay it, if I choose, for an everlasting rest in the dust-bin of progress, amongst all the sweepings and, figuratively speaking, all the dead cats of civilization. But then, you see, I can’t choose. He won’t be forgotten. Whatever he was, he was not common. He had the power to charm or frighten rudimentary souls into an aggravated witch-dance in his honour; he could also fill the small souls of the pilgrims with bitter misgivings: he had one devoted friend at least, and he had conquered one soul in the world that was neither rudimentary nor tainted with self-seeking. No; I can’t forget him, though I am not prepared to affirm the fellow was exactly worth the life we lost in getting to him. I missed my late helmsman awfully—I missed him even while his body was still lying in the pilot-house. Perhaps you will think it passing strange this regret for a savage who was no more account than a grain of sand in a black Sahara. Well, don’t you see, he had done something, he had steered; for months I had him at my back—a help—an instrument. It was a kind of partnership. He steered for me—I had to look after him, I worried about his deficiencies, and thus a subtle bond had been created, of which I only became aware when it was suddenly broken. And the intimate profundity of that look he gave me when he received his hurt remains to this day in my memory—like a claim of distant kinship affirmed in a supreme moment."
**spoiler alert** « Cette vue fait oublier au voyageur l’atmosphère empestée des petits intérêts d’argent dont il commence à être asphyxié. »
« Dans le...more**spoiler alert** « Cette vue fait oublier au voyageur l’atmosphère empestée des petits intérêts d’argent dont il commence à être asphyxié. »
« Dans le fait, ces gens sages y exercent le plus ennuyeux despotisme ; c’est à cause de ce vilain mot que le séjour des petites villes est insupportable, pour qui a vécu dans cette grande république qu’on appelle Paris. La tyrannie de l’opinion, et quelle opinion ! est aussi bête dans les petites villes de France, qu’aux Etats-Unis d’Amérique ! »
« Voilà le grand mot qui décide de tout à Verrières : RAPPORTER DU REVENU. A lui seul il représente la pensée habituelle de plus des trois quarts des habitants. »
« -Réponds-moi sans mentir, lui cria aux oreilles la voix dure du vieux paysan, tandis que sa main le retournait comme la main d’un enfant retourne un soldat de plomb. Les grands yeux noirs et remplis de larmes de Julien se trouvèrent en face des petits yeux gris et méchants du vieux charpentier qui avait l’air de vouloir lire jusqu’au fond de son âme. »
« Avec la vivacité et la grâce qui lui étaient naturelles quand elle était loin du regard des hommes, madame de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin, quand elle aperçut près de la porte d’entrée la figure d’un jeune paysan presque encore enfant, extrêmement pâle et qui venait de pleurer. Il était en chemise bien blanche, et avait sous le bras une veste fort propre de ratine violette. Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l’esprit un peu romanesque de madame de Rênal eut d’abord l’idée que ce pouvait être une jeune fille déguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. Elle eut pitié de cette pauvre créature, arrêtée à la porte d’entrée, et qui évidemment n’osait lever la main jusqu’à la sonnette. Madame de Rênal s’approcha, distraite un instant de l’amer chagrin que lui donnait l’arrivée du précepteur. Julien, tourné vers la porte, ne la voyait pas s’avancer. Il tressaillit quand une voix douce dit tout près de son oreille : -Que voulez-vous ici, mon enfant ? Julien se tourna vivement, et frappé du regard si rempli de grâce de madame de Rênal, il oublia une partie de sa timidité. Bientôt, étonné de sa beauté, il oublia tout, même ce qu’il venait faire. Madame de Rênal avait répété sa question. -Je viens pour être précepteur, madame, lui dit-il enfin, tout honteux de ses larmes qu’il essuyait de son mieux. Madame de Rênal resta interdite ; ils étaient fort près l’un de l’autre à se regarder. Julien n’avait jamais vu un être aussi bien vêtu et surtout une femme avec un teint si éblouissant, lui parler d’un air doux. Madame de Rênal regardait les grosses larmes, qui s’étaient arrêtées sur les joues si pâles d’abord et maintenant si roses de ce jeune paysan. Bientôt elle se mit à rire, avec toute la gaîté folle d’une jeune fille ; elle se moquait d’elle-même et ne pouvait se figurer tout son bonheur. Quoi, c’était là ce précepteur qu’elle s’était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants ! -Quoi, monsieur, lui dit-elle enfin, vous savez le latin ? Ce mot de monsieur étonna si fort Julien qu’il réfléchit un instant. -Oui, madame, dit-il timidement. Madame de Rênal était si heureuse, qu’elle osa dire à Julien : -Vous ne gronderez pas trop ces pauvres enfants ? -Moi, les gronder, dit Julien étonné, et pourquoi ? -N’est-ce pas, monsieur, ajouta-t-elle après un petit silence et d’une voix dont chaque instant augmentait l’émotion, vous serez bon pour eux, vous me le promettez ? S’entendre appeler de nouveau monsieur, bien sérieusement, et par une dame si bien vêtue était au-dessus de toutes les prévisions de Julien : dans tous les châteaux en Espagne de sa jeunesse, il s’était dit qu’aucune dame comme il faut ne daignerait lui parler que quand il aurait un bel uniforme. Madame de Rênal de son côté était complètement trompée par la beauté du teint, les grands yeux noirs de Julien et ses jolis cheveux qui frisaient plus qu’à l’ordinaire parce que pour se rafraîchir il venait de plonger la tête dans le bassin de la fontaine publique. A sa grande joie elle trouvait l’air timide d’une jeune fille à ce fatal précepteur, dont elle avait tant redouté pour ses enfants la dureté et le ton rébarbatif. Pour l’âme si paisible de madame de de Rênal, le contraste de ses craintes et de ce qu’elle voyait fut un grand événement. Enfin, elle revint de sa surprise. Elle fut étonnée de se trouver ainsi à la porte de sa maison avec ce jeune homme presque en chemise et si près de lui. -Entrons, monsieur, lui dit-elle d’un air assez embarrassée ; de sa vie, une sensation purement agréable n’avait aussi profondément ému madame de Rênal ; jamais une apparition aussi gracieuse n’avait succédé à des craintes plus inquiétantes. Ainsi ses jolis enfants, si soignés par elle, ne tomberaient pas dans les mains d’un prêtre sale et grognon. A peine entrée sous le vestibule, elle se retourna vers Julien qui la suivait timidement. Son air étonné, à l’aspect d’une maison si belle, était une grâce des plus aux yeux de madame de Rênal. Elle ne pouvait en croire ses yeux ; il lui semblait surtout que le précepteur devait avoir un habit noir. -Mais est-il vrai, monsieur, lui dit-elle, en s’arrêtant encore, et craignant mortellement de se tromper, tant sa croyance la rendait heureuse, vous savez le latin ? Ces mots choquèrent l’orgueil de Julien et dissipèrent le charme dans lequel il vivait depuis un quart d’heure. -Oui, madame, lui dit-il, en cherchant à prendre un air froid, je sais le latin aussi bien que M. le curé et même quelquefois il a la bonté de dire mieux que lui. Madame de Rênal trouva que Julien avait l’air fort méchant ; il s’était arrêté à deux pas d’elle. Elle s’approcha et lui dit à mi-voix : -N’est-ce pas, les premiers jours, vous ne donnerez pas le fouet à mes enfants, même quand ils ne sauraient pas leurs leçons ? Ce ton si doux et presque suppliant d’une si belle dame fit tout à coup oublier à Julien ce qu’il devait à sa réputation de latiniste. La figure de madame de Rênal était près de la sienne, il sentit le parfum des vêtements d’été d’une femme, chose si étonnante pour un pauvre paysan. Julien rougit extrêmement et dit avec un soupir et d’une voix défaillante : -Ne craignez rien, madame, je vous obéirai en tout. Ce fut en ce moment seulement, quand son inquiétude pour ses enfants fut tout à fait dissipée, que madame de Rênal fut frappée de l’extrême beauté de Julien. La forme presque féminine de ses traits, et son air d’embarras, ne semblèrent point ridicules à une femme extrêmement timide elle-même. L’air mâle que l’on trouve communément nécessaire à la beauté d’un homme lui eût fait peur. -Quel âge avez-vous, monsieur ? dit-elle à Julien. -Bientôt dix-neuf ans. -Mon fils aîné a onze ans, reprit madame de Rênal tout à fait rassurée, ce sera presque un camarade pour vous, vous lui parlerez raison. Une fois son père a voulu le battre ; l’enfant a été malade pendant toute une semaine, et cependant c ‘était un bien petit coup. Quelle différence avec moi pensa Julien. Hier encore, mon père m’a battu. Que ces gens riches sont heureux ! » « malgré toute sa méfiance du destin et des hommes, son âme dans ce moment n’était que celle d’un enfant. »
« L’amour de mademoiselle Elisa avait valu à Julien la haine d’un des valets. »
« Jusque-là le nom de Julien et le sentiment d’une joie pure et toute intellectuelle, étaient synonymes pour elle. »
« -Je suis petit, madame, mais je ne suis pas bas, reprit Julien en s’arrêtant, les yeux brillants de colère, et se relevant de toute sa hauteur, c’est à quoi vous n’avez pas assez réfléchi. »
« Dans le salon, quelle que fût l’humilité de son maintien, elle trouvait dans ses yeux un air de supériorité intellectuelle envers tout ce qui venait chez elle. »
« Vous pourrez faire fortune, mail il faudra nuire aux misérables, flatter le sous-préfet, le maire, l’homme considéré, et servir ses passions : cette conduite, qui dans le monde s’appelle savoir vivre, peut, pour un laïc, n’être pas absolument incompatible avec le salut ; mais dans notre état, il faut opter ; il s’agit de faire fortune dans ce monde ou dans l’autre, il n’y a pas de milieu. »
« Julien avait honte de son émotion ; pour la première fois de sa vie, il se voyait aimé ; il pleurait avec délices et alla cacher ses larmes dans les grands bois au-dessus de Verrières. »
« Quand M. de Rênal était à la ville, ce qui arrivait souvent, il osait lire ; bientôt, au lieu de lire la nuit, et encore en ayant soin de cacher sa lampe au fond d’un vase à fleurs renversé, il put se livrer au sommeil ; le jour dans l’intervalle des leçons des enfants, il venait dans ces rochers avec le livre, unique règle de sa conduite et objet de ses transports. Il y trouvait à la fois bonheur, extase et consolation dans les moments de découragement. »
« Mais cette émotion était un plaisir et non une passion. En rentrant dans sa chambre, il ne songea qu’à un bonheur, celui de reprendre son livre favori ; à vingt ans, l’idée du monde et de l’effet à y produire l’emporte sur tout. »
« Quoi, je perdrais lâchement sept ou huit années ! j’arriverais ainsi à vingt-huit ans ; mais à cet âge, Bonaparte avait fait ses plus grandes choses ! »
« On ne peut aimer sans égalité. »
« Leur bonheur avait quelquefois la physionomie du crime. »
« M. Valenod avait dit en quelque sorte aux épiciers du pays : Donnez-moi les deux plus sots d’entre vous ; aux gens de loi : Indiquez-moi les deux plus ignares ; aux officiers de santé : Désignez-moi les deux plus charlatans. Quand il avait eu rassemblé les plus effrontés de chaque métier, il leur avait dit : Régnons ensemble. »
« Les âmes qui s’émeuvent ainsi sont bonnes tout au plus à produire un artiste. »
« -Quoi ! est-il possible que vous ne m’aimiez plus, lui dit-il, avec un de ces accents du cœur, si difficiles à écouter de sang-froid. »
« Pourquoi veut-on que je sois aujourd’hui de la même opinion qu’il y a six semaines ? En ce cas, mon opinion serait mon tyran. »
« A Paris, on a l’attention de se cacher pour rire, mais vous êtes toujours un étranger. »
« ne disait rien sur rien. Telle était sa façon de penser. »
« On le fit attendre, lui et son témoin, trois grand quarts d’heure ; enfin ils furent introduits dans un appartement admirable d’élégance. Ils trouvèrent un grand jeune homme en redingote rose-orange et blanc, mis comme une poupée ; ses traits offraient la perfection et l’insignifiance de la beauté grecque. Sa tête, remarquablement étroite, portait une pyramide de cheveux du plus beau blond. Il étaient frisés avec beaucoup de soin, pas un cheveu ne dépassait l’autre. C’est pour se faire friser ainsi, pensa le lieutenant du 96e, que ce maudit fat nous a fait attendre. La robe de chambre bariolée, le pantalon du matin, tout, jusqu’aux pantoufles brodées, était correct et merveilleusement soigné. Sa physionomie noble et vide annonçait des idées convenables et rares : l’idéal de l’homme aimable, l’horreur de l’imprévu et de la plaisanterie, beaucoup de gravité. »
« Julien riait et admirait la pauvreté du duel entre le pouvoir et une idée. »
« Faites toujours le contraire de ce qu’on attend de vous. Voilà, d’honneur, la seule religion de l’époque ; ne soyez ni fou, ni affecté, car alors on attendrait de vous des folies et des affectations, et le précepte ne serait plus accompli. »
« Elle outre toutes les modes : sa robe lui tombe des épaules… elle est encore plus pâle qu’avant son voyage… Quels cheveux sans couleur, à force d’être blonds : on dirait que le jour passe à travers !... Que de hauteur dans cette façon de saluer, dans ce regard ! quels gestes de reine ! »
« mais un des caractères du génie est de ne pas traîner sa pensée dans l’ornière tracée par le vulgaire. »
« Hé, monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l’azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. »
« Il rougit jusqu’au blanc des yeux. »
« Elle est étrangère ; c’est un caractère nouveau à observer. »
« Il se sentait pénétré d’amour jusque dans les replis les plus intimes de son cœur. »
« J’étais reconnaissant mais j’ai vingt-deux ans… Dans cette maison, ma pensée n’était comprise que de vous et de cette personne aimable. »
« Après avoir joui pendant deux ans d’une fortune immense et de toucher les distinctions de la cour, 1790 l’avait jeté dans les affreuses misères des émigrés. Cette durée école avait changé une âme de vingt-deux ans. »
« Madame de Rênal fut fidèle à sa promesse. Elle ne chercha en aucune manière à attenter à sa vie ; mais, trois jours après Julien, elle mourut en embrassant ses enfants. »
**spoiler alert** "I had become a distinguished person. Most people couldn't care less about books and writers, but it turned out that Auggie consider...more**spoiler alert** "I had become a distinguished person. Most people couldn't care less about books and writers, but it turned out that Auggie considered himself an artist, and now that he had cracked the secret of who I was, he embraced me as an ally, a confident, a brother-in-arms. To tell the truth, I found it rather embarrassing."
"Once I got to know them, I began to study their postures, the way they carried themselves from one morning to the next, trying to discover their moods from these surface indications, as if I could imagine storied for them, as if I could penetrate the invisible dramas locked inside their bodies.I picked up another album. I was no longer bored, no longer puzzled as I had been at first. Auggie was photographing time, I realized, both natural time and human time, and he was doing it by planting himself in one tiny corner of the world and willing it to be his own, by standing guard in the the space he had chosen for himself."
"Then, almost as if he had been reading my thoughts, he began to recite a line from Shakespeare. "Tomorrow and tomorrow and tomorrow," he muttered under his breath, "time creeps on its petty pace." I understood then that he knew exactly what he was doing."
"I was about to ask him if he'd been putting me on, but then I realized he would never tell. I had been tricked into believing him, and that was the only thing that mattered. As long as there's one person to believe it, there's no story that can't be true."