Michèle Laframboise's Blog - Posts Tagged "writing"
Lettre envoyée au Salon du livre de l'Outaouais
lundi le 1er mars
Je vous écris pour réitérer mon appui, ma confiance et ma reconnaissance envers votre équipe qui organise le Salon du livre de l'Outaouais.
Je suis une auteure franco-ontarienne résidant près de Toronto. Si je reviens à ce Salon depuis 10 ans, et ce, toujours à mes frais (à une exception près, en 2002), c'est qu'au bout de mes cinq heures de train, j'y retrouve une ambiance et un accueil chaleureux. Loin du gigantisme du Salon de Montréal (et de celui de Paris à 1700 kiosques en 2008!), l'échelle du SLO est juste à taille humaine: je peux quitter ma table de dédicace pour aller saluer un collègue et revenir sans travers!
Les bénévoles sont l'âme d'un salon, et je profite de cette occasion pour les saluer; ils-elles mériteraient d'être nommés séparément.
C'est avec stupeur que j'ai appris la hausse de loyer à laquelle vous avez eu à faire face cette année, et qui a sans doute nui aux efforts de promotion du Salon.
La lecture est un acte solitaire: un Salon vient regrouper les passionnés, comme des milliers de fils qui tissent une trame variée, et il permet un contact privilégié entre l'auteur et ses lecteurs... et entre les lecteurs eux-mêmes!
Je suis aussi une lectrice: dans un Salon, je découvre de nouveaux auteur-e-s avec lesquels je noue des relations. De lire et voir leur travail, d'écouter les conférences, me motive à me dépasser.
Un Salon du livre est donc un antidote efficace contre le sentiment de solitude et le marasme qui peuvent nuire à notre vie d'écrivain. Il offre parfois un "coup de fouet" salutaire pour terminer un manuscrit, réviser, se préparer pour une entrevue, etc.
Une autre facette dynamique du Salon sont les ateliers d'animation que j'ai pu donner au cours des années. J'ai eu la joie de partager ma vision de la "crème glacée littéraire" avec des jeunes, pour les encourager à lire et à découvrir les différentes saveurs de livres.
Sans imagination, une société ne peut faire face aux défis qui l'attendent. Le SLO fournit aux auteurs, amateurs et lecteurs de l'engrais et des semences d'imagination pour l'avenir.
Et c'est afin de garder grande ouverte cette précieuse fenêtre de l'imagination, pour nous tous, que je persiste et signe,
Michèle Laframboise
Auteure et artiste franco-ontarienne
Mississauga, Ontario
****************
Je garde un beau souvenir du dernier Salon du livre de l'Outaouais. Ce que j'ai écris dans ma lettre ci-haut, c'est en pensant à vous, lecteurs et amateurs, rencontrés ici et ailleurs au cours des Salons du livre.
Dans cette ère de performances et de coupures, les institutions culturelles sont en danger. Le SLO a eu à faire face cette année à une hausse de loyer qui a nui à sa promotion. Je vous invite à écrire aux organisateurs du Salon pour exprimer votre soutien.
Salon du livre de l'Outaouais
lundi le 1er mars
Je vous écris pour réitérer mon appui, ma confiance et ma reconnaissance envers votre équipe qui organise le Salon du livre de l'Outaouais.
Je suis une auteure franco-ontarienne résidant près de Toronto. Si je reviens à ce Salon depuis 10 ans, et ce, toujours à mes frais (à une exception près, en 2002), c'est qu'au bout de mes cinq heures de train, j'y retrouve une ambiance et un accueil chaleureux. Loin du gigantisme du Salon de Montréal (et de celui de Paris à 1700 kiosques en 2008!), l'échelle du SLO est juste à taille humaine: je peux quitter ma table de dédicace pour aller saluer un collègue et revenir sans travers!
Les bénévoles sont l'âme d'un salon, et je profite de cette occasion pour les saluer; ils-elles mériteraient d'être nommés séparément.
C'est avec stupeur que j'ai appris la hausse de loyer à laquelle vous avez eu à faire face cette année, et qui a sans doute nui aux efforts de promotion du Salon.
La lecture est un acte solitaire: un Salon vient regrouper les passionnés, comme des milliers de fils qui tissent une trame variée, et il permet un contact privilégié entre l'auteur et ses lecteurs... et entre les lecteurs eux-mêmes!
Je suis aussi une lectrice: dans un Salon, je découvre de nouveaux auteur-e-s avec lesquels je noue des relations. De lire et voir leur travail, d'écouter les conférences, me motive à me dépasser.
Un Salon du livre est donc un antidote efficace contre le sentiment de solitude et le marasme qui peuvent nuire à notre vie d'écrivain. Il offre parfois un "coup de fouet" salutaire pour terminer un manuscrit, réviser, se préparer pour une entrevue, etc.
Une autre facette dynamique du Salon sont les ateliers d'animation que j'ai pu donner au cours des années. J'ai eu la joie de partager ma vision de la "crème glacée littéraire" avec des jeunes, pour les encourager à lire et à découvrir les différentes saveurs de livres.
Sans imagination, une société ne peut faire face aux défis qui l'attendent. Le SLO fournit aux auteurs, amateurs et lecteurs de l'engrais et des semences d'imagination pour l'avenir.
Et c'est afin de garder grande ouverte cette précieuse fenêtre de l'imagination, pour nous tous, que je persiste et signe,
Michèle Laframboise
Auteure et artiste franco-ontarienne
Mississauga, Ontario
****************
Je garde un beau souvenir du dernier Salon du livre de l'Outaouais. Ce que j'ai écris dans ma lettre ci-haut, c'est en pensant à vous, lecteurs et amateurs, rencontrés ici et ailleurs au cours des Salons du livre.
Dans cette ère de performances et de coupures, les institutions culturelles sont en danger. Le SLO a eu à faire face cette année à une hausse de loyer qui a nui à sa promotion. Je vous invite à écrire aux organisateurs du Salon pour exprimer votre soutien.
Salon du livre de l'Outaouais
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Published on March 01, 2010 09:10
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bookfairs, culture, imagination, slo, writing
About one year ago, a Britannic webzine asked for short texts, one or three hundred words max, describing the future in one hundred years, and in the spirit of "mundane" SF.
I jotted a few ideas of a bleak future from which grew an embryo of text. I reworked it... and exceeded the word limit. So I left the text alone for a while.
One or tho months later, I took the text back and managed to fold it into a story, with a bird-eye point of view by an unlikely character.
As the Solaris Prize deadline approached, I decided to work on it again, and polish it. The story finally grew strong, and mature enough.
So, like a child that I am proud of, I let it go...
And received the good news last week. I'm a proud mother!
The official communiqué (in French) is there
The Prize includes a generous sum, plus the publication in the Solaris magazine.
******************************
J'ai gagné le prix Solaris 2010 !
L'année dernière, un webzine britannique avait fait une appel de textes illustrant le futur dans cent ans, dans un esprit de SF "mundane".
J'ai tout de suite noté des idées sur un futur écologiquement triste, desquelles J'ai tiré un embryon de texte. Hélas, j'avais dépassé la limite (très courte) de mots. J'ai laissé le texte en jachère et j'ai travaillé sur autre chose.
Un ou deux mois plus tard, j'ai repris le texte, et trouvé un point de vue spécial par un narrateur particulier.
Quand la tombée du concours pour le Prix Solaris approchait, j'ai retravaillé le texte, affiné le personnage et son environnement, ajusté le ton de l'histoire... et de la fin.
Le texte avait gagné en maturité,et comme un enfant dont on est fier, je l'ai laissé partir.
J'ai reçu la bonne nouvelle la semaine dernière. Ca me remplit de fierté toute maternelle!
On trouve le communiqué officiel
ici
La récompense, généreuse, inclut la publication du texte dans le prochain numéro de la revue.
I jotted a few ideas of a bleak future from which grew an embryo of text. I reworked it... and exceeded the word limit. So I left the text alone for a while.
One or tho months later, I took the text back and managed to fold it into a story, with a bird-eye point of view by an unlikely character.
As the Solaris Prize deadline approached, I decided to work on it again, and polish it. The story finally grew strong, and mature enough.
So, like a child that I am proud of, I let it go...
And received the good news last week. I'm a proud mother!
The official communiqué (in French) is there
The Prize includes a generous sum, plus the publication in the Solaris magazine.
******************************
J'ai gagné le prix Solaris 2010 !
L'année dernière, un webzine britannique avait fait une appel de textes illustrant le futur dans cent ans, dans un esprit de SF "mundane".
J'ai tout de suite noté des idées sur un futur écologiquement triste, desquelles J'ai tiré un embryon de texte. Hélas, j'avais dépassé la limite (très courte) de mots. J'ai laissé le texte en jachère et j'ai travaillé sur autre chose.
Un ou deux mois plus tard, j'ai repris le texte, et trouvé un point de vue spécial par un narrateur particulier.
Quand la tombée du concours pour le Prix Solaris approchait, j'ai retravaillé le texte, affiné le personnage et son environnement, ajusté le ton de l'histoire... et de la fin.
Le texte avait gagné en maturité,et comme un enfant dont on est fier, je l'ai laissé partir.
J'ai reçu la bonne nouvelle la semaine dernière. Ca me remplit de fierté toute maternelle!
On trouve le communiqué officiel
ici
La récompense, généreuse, inclut la publication du texte dans le prochain numéro de la revue.
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Published on May 02, 2010 19:05
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Tags:
canadian-sf, science-fiction, short-story, solaris-prize, writing
Cette année, c'est peut-être la dernière occasion de voter pour les catégories francophones professionnelles des Prix Auror.
Selon Jean-Louis Trudel (son blog ici) une réforme d'envergure s'annonce, qui pourrait entraîner une fusion, un jumelage ou une association de ces catégories francophones et des Prix Boréal.
Ceux qui ne sont pas sur place au congrès Keycon à Winnipeg peuvent néanmoins encore voter en-ligne jusqu'à midi (heure manitobaine) le samedi 22 mai.
Dans la catégorie du meilleur roman en français, les finalistes sont :
Le protocole Reston, Mathieu Fortin (Coups de tête)
La Quête de Chaaas (3. L'axe de Koudriss), Michèle Laframboise (Médiaspaul)
Suprématie, Laurent McAllister (Bragelonne)
Un tour en Arkadie, Francine Pelletier (Alire)
Filles de lune (3. Le talisman de Maxandre), Élisabeth Tremblay (De Mortagne)
Dans la catégorie de la meilleure nouvelle en français, les finalistes sont :
« Ors blancs », Alain Bergeron (Solaris 171)
« De l'amour dans l'air », Claude Bolduc (Solaris 172)
« La vie des douze Jésus », Luc Dagenais (Solaris 172)
« Billet de faveur », Michèle Laframboise (Galaxies 41)
« Grains de silice », Mario Tessier (Solaris 170)
« La mort aux dés », Élisabeth Vonarburg (Solaris 171)
Dans la catégorie du meilleur autre travail en français, les finalistes sont :
Critiques : Jérôme-Olivier Allard (Solaris 169-172)
Revue : Solaris, Joël Champetier, éditeur (P.b.i.q.)
Manga : Le jardin du général, Michèle Laframboise (Montréal, Fichtre)
Article : "Rien à voir avec la fantasy", Thibaud Sallé (Solaris 169)
Chronique : « Les Carnets du Futurible », Mario Tessier (Solaris 169-171)
Donc, dernière chance pour mes fans fidèles!
Selon Jean-Louis Trudel (son blog ici) une réforme d'envergure s'annonce, qui pourrait entraîner une fusion, un jumelage ou une association de ces catégories francophones et des Prix Boréal.
Ceux qui ne sont pas sur place au congrès Keycon à Winnipeg peuvent néanmoins encore voter en-ligne jusqu'à midi (heure manitobaine) le samedi 22 mai.
Dans la catégorie du meilleur roman en français, les finalistes sont :
Le protocole Reston, Mathieu Fortin (Coups de tête)
La Quête de Chaaas (3. L'axe de Koudriss), Michèle Laframboise (Médiaspaul)
Suprématie, Laurent McAllister (Bragelonne)
Un tour en Arkadie, Francine Pelletier (Alire)
Filles de lune (3. Le talisman de Maxandre), Élisabeth Tremblay (De Mortagne)
Dans la catégorie de la meilleure nouvelle en français, les finalistes sont :
« Ors blancs », Alain Bergeron (Solaris 171)
« De l'amour dans l'air », Claude Bolduc (Solaris 172)
« La vie des douze Jésus », Luc Dagenais (Solaris 172)
« Billet de faveur », Michèle Laframboise (Galaxies 41)
« Grains de silice », Mario Tessier (Solaris 170)
« La mort aux dés », Élisabeth Vonarburg (Solaris 171)
Dans la catégorie du meilleur autre travail en français, les finalistes sont :
Critiques : Jérôme-Olivier Allard (Solaris 169-172)
Revue : Solaris, Joël Champetier, éditeur (P.b.i.q.)
Manga : Le jardin du général, Michèle Laframboise (Montréal, Fichtre)
Article : "Rien à voir avec la fantasy", Thibaud Sallé (Solaris 169)
Chronique : « Les Carnets du Futurible », Mario Tessier (Solaris 169-171)
Donc, dernière chance pour mes fans fidèles!
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Published on May 21, 2010 08:35
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Tags:
aurora-prize, canadian-sf, prix-littéraires, science-fiction, short-story, writing
(English short resumé:
The new Canada Periodical Fund (replacing the Publications Assistance Program/Canada Magazine Fund) will exclude any Canadian print magazines without 5000 copies sold per year. That excludes most of the magazines that published my first literary efforts!
I take the occasion of thanking Solaris and Ciel Variable.)
****
Le Programme d'aide aux magazines artistiques et littéraires de Patrimoine Canada ne subventionnera que les publications qui se vendent à plus de 5000 exemplaires par année. Cela exclut la plupart des revues culturelles... Dont Solaris, et aussi Ciel Variable !
Or ce chiffre est d'autant plus injuste pour le côté francophone, que ce plafond minimum est le même que pour les revues anglophones, alors que le ratio anglo/franco est de 3 pour 1. Ce qui veut dire que, si on avait été juste, le plafond pour les francophones aurait dû être de 1250 copies. (Merci à Jean Pettigrew, éditeur de Alire, publiant les revues Alibis et Solaris, pour cette info).
Cet article sur le site du Devoir par Jean Larose exprime très bien la situation.
Après la disparition des émissions littéraires et les coupures à Radio-Canada, accusées d'"élitisme", ce péché impardonnable, les magazines culturels à tirage vont y passer.
À trop vouloir centraliser, privatiser et uniformiser la culture, on prive la prochaine génération de l’immense potentiel de créativité, celle qui permet de faire face aux problèmes et de trouver des solutions. Et c'est encore plus vrai pour la science-fiction, qui n'est pas une littérature qui ronronne doucement, mais qui fait réfléchir et débarre l'imagination.
Comme l'écrivain plus connu Yann Martel l'a mentionné, lui-même a publié ses premiers textes dans un petit fanzine de Vancouver géré par des bénévoles. Cette modeste publication l'a encouragé à continuer d'écrire. Il a aussi apprécié sa première subvention d'écrivain.
...1991, année où je reçus une bourse B du Conseil qui me permit d’écrire mon premier roman. J’avais 27 ans et cet argent me semblait une manne qui me tombait du ciel. Ces 18,000$ me durèrent un an et demi (au regard des impôts que j’ai versés depuis, ce fut un rendement exponentiel de l’investissement, je vous en assure
Et de même, c'est la revue Solaris qui a publié mes nouvelles de science-fiction et une bande dessinée.
Avant, j'avais publié une nouvelle et un poème dans les premiers numéros (2 et 5) de la revue Ciel Variable, en 1987 !! Une autre revue menacée. J'y ai fait la connaissance d'Hélène Monette, une jeune poétesse qui y avait publié ses premiers poèmes. Depuis, elle a fait du chemin et nous a apporté des livres audacieux plein de dynamite intellectuelle. Mais je me souviens de son poème La colonie: où est passée l'autruche?
En dix ans, je suis passée par le processus, récoltant d'abord des refus. Mais ces refus venaient avec des commentaires éclairés, à la lumière desquels j'ai fini par améliorer mon écriture. Ces commentaires de Yves Meynard puis de Joël Champetier, avaient été rédigés de façon purement bénévole. Solaris ne tirait pas à 5000 exemplaires par année, et les subventions complétaient les abonnements et revenus de publicité. Mais leurs conseils m'ont orientée vers la publication de mes nouvelles, puis mes romans.
Les petits éditeurs (merci en passant à René Beaulieu qui me publia en 1999 dans son recueil Transes Lucides) sont des ressources aussi précieuses. Ils sont de patients jardiniers, cultivant des talents sans récompense autre que la satisfaction de voir poindre le fruit de leurs efforts.
Dans mon cas, cela a donné une dizaine de romans jeunesse, dont Les voyages du Jules-Verne, qui descendent directement d'une nouvelle... refusée trois fois! Et cela a apporté une floraison de de prix littéraires.
J'aimerais pouvoir vous annoncer que je suis devenue très riche avec des millions de lecteurs, la seule forme de succès que le gouvernement actuel respecte. Or je suis fière d'écrire, de publier, et de donner des ateliers aux jeunes, des travaux dont les résultats sont moins tangibles. Comme des plantes, ils poussent en silence.
The new Canada Periodical Fund (replacing the Publications Assistance Program/Canada Magazine Fund) will exclude any Canadian print magazines without 5000 copies sold per year. That excludes most of the magazines that published my first literary efforts!
I take the occasion of thanking Solaris and Ciel Variable.)
****
Le Programme d'aide aux magazines artistiques et littéraires de Patrimoine Canada ne subventionnera que les publications qui se vendent à plus de 5000 exemplaires par année. Cela exclut la plupart des revues culturelles... Dont Solaris, et aussi Ciel Variable !
Or ce chiffre est d'autant plus injuste pour le côté francophone, que ce plafond minimum est le même que pour les revues anglophones, alors que le ratio anglo/franco est de 3 pour 1. Ce qui veut dire que, si on avait été juste, le plafond pour les francophones aurait dû être de 1250 copies. (Merci à Jean Pettigrew, éditeur de Alire, publiant les revues Alibis et Solaris, pour cette info).
Cet article sur le site du Devoir par Jean Larose exprime très bien la situation.
Après la disparition des émissions littéraires et les coupures à Radio-Canada, accusées d'"élitisme", ce péché impardonnable, les magazines culturels à tirage vont y passer.
À trop vouloir centraliser, privatiser et uniformiser la culture, on prive la prochaine génération de l’immense potentiel de créativité, celle qui permet de faire face aux problèmes et de trouver des solutions. Et c'est encore plus vrai pour la science-fiction, qui n'est pas une littérature qui ronronne doucement, mais qui fait réfléchir et débarre l'imagination.
Comme l'écrivain plus connu Yann Martel l'a mentionné, lui-même a publié ses premiers textes dans un petit fanzine de Vancouver géré par des bénévoles. Cette modeste publication l'a encouragé à continuer d'écrire. Il a aussi apprécié sa première subvention d'écrivain.
...1991, année où je reçus une bourse B du Conseil qui me permit d’écrire mon premier roman. J’avais 27 ans et cet argent me semblait une manne qui me tombait du ciel. Ces 18,000$ me durèrent un an et demi (au regard des impôts que j’ai versés depuis, ce fut un rendement exponentiel de l’investissement, je vous en assure
Et de même, c'est la revue Solaris qui a publié mes nouvelles de science-fiction et une bande dessinée.
Avant, j'avais publié une nouvelle et un poème dans les premiers numéros (2 et 5) de la revue Ciel Variable, en 1987 !! Une autre revue menacée. J'y ai fait la connaissance d'Hélène Monette, une jeune poétesse qui y avait publié ses premiers poèmes. Depuis, elle a fait du chemin et nous a apporté des livres audacieux plein de dynamite intellectuelle. Mais je me souviens de son poème La colonie: où est passée l'autruche?
En dix ans, je suis passée par le processus, récoltant d'abord des refus. Mais ces refus venaient avec des commentaires éclairés, à la lumière desquels j'ai fini par améliorer mon écriture. Ces commentaires de Yves Meynard puis de Joël Champetier, avaient été rédigés de façon purement bénévole. Solaris ne tirait pas à 5000 exemplaires par année, et les subventions complétaient les abonnements et revenus de publicité. Mais leurs conseils m'ont orientée vers la publication de mes nouvelles, puis mes romans.
Les petits éditeurs (merci en passant à René Beaulieu qui me publia en 1999 dans son recueil Transes Lucides) sont des ressources aussi précieuses. Ils sont de patients jardiniers, cultivant des talents sans récompense autre que la satisfaction de voir poindre le fruit de leurs efforts.
Dans mon cas, cela a donné une dizaine de romans jeunesse, dont Les voyages du Jules-Verne, qui descendent directement d'une nouvelle... refusée trois fois! Et cela a apporté une floraison de de prix littéraires.
J'aimerais pouvoir vous annoncer que je suis devenue très riche avec des millions de lecteurs, la seule forme de succès que le gouvernement actuel respecte. Or je suis fière d'écrire, de publier, et de donner des ateliers aux jeunes, des travaux dont les résultats sont moins tangibles. Comme des plantes, ils poussent en silence.
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Published on June 01, 2010 10:53
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Tags:
coupures, culture, magazines, patrimoine-canada, writing, écriture
The 2011 Whittaker Competition is over! It was educating to look at the fiction and poetry judge's notes, and sometimes my points were very low, an humbling experience, but we must not let other's vision cloud our own judgement. I was proud to participate, and it proved a great motivation to write.
Since the Clarion overlapped the end of the Whittaker contest, I worked harder and produced more new texts… and some new poetry!
I reached a modest tally on the Whittaker final tally (310 points) but was gratified by the production boost.
Here is my short fiction production during the 18 weeks Whittaker contest overlapping 6-weeks Clarion (not counting two weeks of family vacation!):
Eight SF&F short-stories in English
Nine poems
And here are my current works in progress:
- about 10 000 words on the last novel in the Chaaas series
- near 5000 words on my next SF YA novel (around 52 000 words) to be published next February if all goes well. I am in the final revision stage.
And did I mention my graphic novels projects?
Wind Mistress is currently published by parts, in a comic zine, Nexuz3.
Since the Clarion overlapped the end of the Whittaker contest, I worked harder and produced more new texts… and some new poetry!
I reached a modest tally on the Whittaker final tally (310 points) but was gratified by the production boost.
Here is my short fiction production during the 18 weeks Whittaker contest overlapping 6-weeks Clarion (not counting two weeks of family vacation!):
Eight SF&F short-stories in English
Nine poems
And here are my current works in progress:
- about 10 000 words on the last novel in the Chaaas series
- near 5000 words on my next SF YA novel (around 52 000 words) to be published next February if all goes well. I am in the final revision stage.
And did I mention my graphic novels projects?
Wind Mistress is currently published by parts, in a comic zine, Nexuz3.
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Published on August 23, 2011 19:50
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Tags:
clarion, fiction, poetry, science-fiction, short-story, whittaker-competition, writing
As a SF writer, research is an essential part of my works. I sometimes do too much research!

But if the finished product is burdened with heavy expositions, the ship would sink!
Even for fantasy world-builders, the internal logic of the magic-or-supernatural workings required a minimal amount of thinking. And, as magical as the world is, the story must be well grounded in reality. How many fantasy novels, for instance, demonstrate a total lack of knowledge about equine biology and maintenance? One of my friends, who raises horses and loves fantasy, is appalled by what she reads.
And some SF or fantasy authors, too proud of their word-building, dump large exposition blocks on the unsuspecting reader! "I suffered for my art, and so must you!"
Research is like an iceberg.

There is the emerged part, the novel that you enjoy. But whatever the number of pages, there is a larger, hidden part underwater.
Not enough research, and your story collapses under the contradictions, impossibilities, logical errors and paper-thin characters.
But when the universes and societies are lovingly built, it even allows other writers to participate in it! Two examples: The Darkover series and Honor Harrington series have spawned many paper children.
According to the readers' ages or familiarity with the concepts, the submerged part of the iceberg is around 90%. For a simpler story, you may choose to tone down the emerged part.
In my latest SF novel, la spirale de Lar Jubal, aimed at YA, I set aside about 99% of my painstaking research and physics calculations of the space station, to concentrate on the visuals.
In my upcoming SF novel, I aimed it at "I don't like science fiction" adolescents, so there is very few numbers in that one, and more action.
In my next post, I will explain how science-fiction is like chocolate...

But if the finished product is burdened with heavy expositions, the ship would sink!
Even for fantasy world-builders, the internal logic of the magic-or-supernatural workings required a minimal amount of thinking. And, as magical as the world is, the story must be well grounded in reality. How many fantasy novels, for instance, demonstrate a total lack of knowledge about equine biology and maintenance? One of my friends, who raises horses and loves fantasy, is appalled by what she reads.
And some SF or fantasy authors, too proud of their word-building, dump large exposition blocks on the unsuspecting reader! "I suffered for my art, and so must you!"
Research is like an iceberg.

There is the emerged part, the novel that you enjoy. But whatever the number of pages, there is a larger, hidden part underwater.
Not enough research, and your story collapses under the contradictions, impossibilities, logical errors and paper-thin characters.
But when the universes and societies are lovingly built, it even allows other writers to participate in it! Two examples: The Darkover series and Honor Harrington series have spawned many paper children.
According to the readers' ages or familiarity with the concepts, the submerged part of the iceberg is around 90%. For a simpler story, you may choose to tone down the emerged part.
In my latest SF novel, la spirale de Lar Jubal, aimed at YA, I set aside about 99% of my painstaking research and physics calculations of the space station, to concentrate on the visuals.
In my upcoming SF novel, I aimed it at "I don't like science fiction" adolescents, so there is very few numbers in that one, and more action.
In my next post, I will explain how science-fiction is like chocolate...

